Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale
Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale

 

     DES TEXTES DE ST AUGUSTIN QU'ON NE LIRA PAS A   NOTRE DAME !

 

    

     (article paru dans le N° 114 de la Tribune des Athées)

 

 

L'acteur Depardieu, touché par la grâce, a fait parler st Augustin, à Notre Dame de Paris, le dimanche 9 février 2003.

Le journal "Le Monde" titre un article de Henri Tincq "Un message éternel pour des temps incertains" . Cet article commence par la citation:

"je n'aimais pas encore et j'aimais à aimer. Je cherchais quoi aimer, aimant à aimer."

            Dans un autre article Henri Tincq nous parle du spécialiste de St Augustin 'André Mandouze et en conclusion nous dit de lui:

            "André Mandouze cèlèbre dans l'auteur des Confessions, la modernité d'un penseur pour qui, contre tout fondamentalisme, la foi ne peut jamais être imposée, sinon comme un vérité librement confrontée avec celle des autres."

 

            Je ne conteste pas que St Augustin ait écrit des choses admirables mais pour rétablir l'équilibre, je voudrais dire qu'il a aussi écrit des choses ABOMINABLES, en soumettant aux lecteurs quelques citations de son œuvre.

Il défend, contre les manichéens, les faits guerriers de l'Ancien Testament:

 

            "On ne s'étonnera point des guerres faites par Moïse, on n'en aura point horreur, attendu qu'en cela, il n'a fait que suivre les ordres mêmes de Dieu. Il n'a point cédé à la cruauté, mais à l'obéissance. Quant à Dieu, en donnant de tels ordres, il ne se montrait point cruel, il ne faisait que traiter ces hommes et les effrayer comme ils le méritaient. En effet, que trouve-t-on à blâmer dans la guerre ? Est-ce parce qu'on y tue des hommes qui doivent mourir un jour, pour en soumettre qui doivent ensuite vivre en paix? Faire à la guerre de semblables reproches serait le propre d'hommes pusillanimes, non point d'hommes religieux. " (Contre Faustus)

 

Se fondant sur la parabole des conviés rapportée par LUC (14 : 15-24) et où le maître de maison ordonne à son serviteur de contraindre des non invités à rejoindre la table de Jésus afin que la maison soit remplie, Augustin légitime la force pour faire entendre raison aux impies :

"Il y a une persécution injuste, celle que font les impies à l'église du Christ ; et il y a une persécution juste, celle que font les églises du Christ aux impies. (...) l'église persécute par amour et les impies par cruauté". (lettre185 de l'année 417)

 

            L'hérésie pour St Augustin est un crime contre l'Eglise et il considérait que les hérétiques persécutés n'était pas des martyrs. Il n'y a pour lui de vrais martyrs que dans la vraie Eglise, comme il n'y a de vertu et de morale que dans la vraie Eglise.

            La charité de St Augustin est très coercitive, il prône de faire le bonheur des impies, malgré eux.

            A l'origine du dogme du péché originel ( dont la conciliation avec la théorie de l'évolution pose des problèmes quasi insurmontables aux théologiens), il est aussi le père de la théorie catholique de la guerre juste qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Et si j'osais dire qu'il est aussi le père de la théorie de la guerre sainte on me vouerait aux gémonies alors je laisse parler un catholique dont on ne peut pas mettre en doute la scientificité des écrits, l'historien G. Minois:

            "C'est par un abus de langage que l'on parle de la théorie de la guerre juste chez Saint Augustin. En effet, le contexte dans lequel il se situe est plutôt celui de la guerre sainte : il s'agit des luttes entre l'Empire romain, assimilé à la chrétienté, et le monde barbare, assimilé au paganisme ou à l'hérésie. Ce sont en fait des combats pour Dieu, formes de guerre légitimes par excellence : pour quel meilleur motif pourrait-on se battre ? Ce n'est qu'une fois ce type de guerre admis que l'on pourra chercher si d'autres justifications sont possibles. Mais cela ne viendra que plus tard. Chez Saint Augustin, le terme de guerre juste sous-tend en réalité la guerre sainte." (L'Eglise et la guerre)

 

            St Augustin, s'il n'a pas été le théoricien de l'Inquisition, en a, pour le moins, fait le lit. Et je rappellerai que le catholicisme fit appel à St Augustin pour légitimer les dragonnades et la décision royale de révoquer l'édit de Nantes.

 

St Augustin, "contre tout fondamentalisme"??…

 

                                    Bruno ALEXANDRE

                                   

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