Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale
Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale

  

 

LA MORT DU DOGME DE L'IMMACULEE CONCEPTION

 

(Article pour les cahiers du Cercle Ernest Renan, N° 234 -

inspiré de "Chroniques d'un incroyant", T2)

                                                                                   

            Il a fallu 1800 ans pour que soit solennellement prononcé le dogme de l'Immaculée conception par Pie IX en 1854, a savoir que Marie est totalement sainte et n'a même pas été souillé par le péché originel au moment de sa conception (1). Pour en arriver là l'Eglise avait été poussée, nous en dirons quelques mots, plus par la primaire piété des fidèles que par la logique théologique des textes saints et des acquis dogmatiques du Magistère.

            Pie IX, à l'origine aussi du dogme de l'infaillibilité pontificale, (1870), ne se doutait sans doute pas qu'à peine formulé pour l'éternité, comme tout dogme digne de ce nom (2), l'Immaculée Conception allait se trouver en contradiction avec une théorie scientifique naissante: la théorie de l'Evolution biologique à laquelle Darwin a vraiment commencé à donner corps en publiant en 1859: "L'Origine des espèces". Et plus tard: "La filiation de l'Homme." (1871). Nous reviendrons sur cette opposition après avoir relaté la longue histoire de l'édification du dogme de l' Immaculée conception .

 

1) La totale virginité charnelle de Marie

 

            Les textes du Nouveau Testament ne sont clairs que sur la conception virginale du Christ. La croyance ancienne en était restée là et on pensait qu'après la divine exception de Jésus, Marie avait conçu avec Joseph, selon les mécanismes naturels, les frères de Jésus dont nous parlent les Ecritures: MAT 12 : 46-47 par exemple: " Comme il parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler. Quelqu'un lui dit : «Voici que ta mère et tes frères se tiennent dehors; ils cherchent à te parler.» (Cf aussi JEAN 2:12, 7: 3, GAL 1: 19 )

MAT 1 : 25 indique que Joseph n'eut pas de rapports sexuels avec Marie "jusqu'à ce qu'elle eut enfanté un fils auquel elle donna le nom de Jésus", ce qui laisse clairement entendre qu'il en eut après!

            Au quatrième siècle encore, d'aucuns n'hésitaient pas à enseigner le conception tertullienne de la virginité perdue de Marie suite à la naissance de ses frères . Tertullien s'appuyait sur l'ancien Testament: "Le Seigneur adressa la parole à Moïse: "consacre-moi tout premier né, ouvrant le sein maternel, parmi les fils d'Israël, parmi les hommes comme parmi le bétail. C'est à moi." (EX 13:1-2) et ausi le nouveau: "Mais quand est venu l'accomplissement du temps, Dieu a envoyé son fils, né d'une femme (et non d'une vierge!) et assujetti à la loi…" (GAL 4:4).

Mais à partie du milieu du deuxième siècle beaucoup de fidèles s'étaient adonnés à la chasteté, attendant le retour du Christ. Si Marie était la vierge par excellence, comment pourrait-elle, épouse du St Esprit, être devenue épouse ordinaire, après la naissance de Jésus? Marie ne pouvait se retrouver inférieure à ces nombreuses femmes ayant opté pour une constante virginité.

Dans cette atmosphère d'ascétisme des premiers temps l'opinion se mit à changer et des voix célèbres s'élevèrent, dont celle de St Jérôme, pour s'indigner qu'on prétende d quelque façon souiller "le sanctuaire du St Esprit."

Le concile de Capone (391) alla dans le sens de St Jérôme et dès le 5ème siècle, on peut considérer comme acquise la thèse de la totale virginité charnelle de Marie avant, pendant et après l'accouchement. Cette conception s'accordait cependant très mal avec les textes révélés comme ceux précédemment cités et d'autres que nous allons maintenant énumérer:

q       MAT 12: 48-50: "A celui qui venait lui parler, Jésus répondit : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » Montrant de la main ses disciples, il dit: «Voici, ma mère et mes frères; quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, c'est lui mon frère, ma soeur, ma mère.»"

La réponse de Jésus est loin de clarifier les choses. Elle montre certes qu'il parle de la parenté au sens spirituel mais par opposition au sens littéral qui se trouve validé! En partant de sa mère et de ses frères, au sens littéral, (il les a sous les yeux), il s'élève au sens spirituel. (Cf aussi MARC 3: 31-35, LUC 8: 19-21, ACT 1: 12-14 où sont bien distingués les frères spirituels et les frères charnels.

q       MAT 13:55-56

" N'est-ce pas le fils, du charpentier? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie, et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses soeurs ne sont-elles pas toutes chez nous ?" (Cf aussi MARC 6: 1-6, LUC 4: 16-24)

q       JEAN 2: 12

"Après quoi, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples; mais ils y restèrent que peu de jours."

Si, ici, l'expression "frères" s'entendait au sens spirituel, les disciples n'en feraient pas partie!

q       JEAN 7: 3-5 . Même distinction ici entre frères et disciples:

"Ses frères lui dirent: Tu ne peux pas rester ici, passe en Judée afin que tes disciples, eux aussi, puissent voir les œuvres que tu fais. On n'agit pas en cachette quand on veut s'affirmer. Puisque tu accomplis de telles œuvres, manifeste-toi au monde!" En effet ses frères eux-mêmes ne croyaient pas en lui."

On n'imagine pas les frères spirituels ne pas croire en Jésus!

q       GAL 1: 19

" Je suis resté quinze jours auprès de lui (Céphas) sans voir cependant aucun autre apôtre, mais seulement Jacques , le frère du Seigneur.

q       LUC 2: 7

"Elle accoucha de son fils premier-né…"

Un "premier-né" implique d'autres naissances!

 

            Tous ces textes gênants furent neutralisés, dans les premiers siècles par le choix de considérer le sens spirituel de "frères". Une deuxième solution fut trouvée dans le protoévangile de Jacques, évangile non canonique mais très lu au 2ème siècle; selon cet évangile, Joseph aurait eu, avec une première femme, quatre fils et deux filles et c'est après être devenu veuf qu'il serait devenu fiancé de Marie. Il se serait écrié, étonné d'être élu : "J'ai des fils et je suis un vieillard, tandis qu'elle est une jeune fille. Je serai sans doute la risée des fils d'Israël." Ainsi les frères de Jésus devenaient des demi-frères! Une troisième solution étant de considérer ces frères comme des cousins (enfants de la sœur de Marie), dans ce dernier cas, on postulait que Joseph était resté vierge et ainsi Christ était né de deux parents restés vierges: ""Il (Joseph) a été plutôt le gardien que l'époux de Marie, que l'on croyait sa femme. Il reste que celui qui a mérité d'être le père du Seigneur est resté vierge avec Marie." (St Jérôme). St Thomas se rallia à cette dernière thèse.

            Un détail important restait à expliquer: comment Jésus avait-il pu sortir du sein de sa mère sans atteindre sa virginité?

            Dans un concile romain de 389 le pape Sirice admettait implicitement la naissance ordinaire de Jésus, mais avec St Ambroise, la parturition devint miraculeuse: la "porte du ventre était fermée avant et fut fermée après le passage du Seigneur. Il fallait donc supposer que la virginité de Marie n'avait été atteinte que l'espace d'un instant. C'en était encore trop pour les puristes et la solution fut trouvée dans l'opinion que Jésus était sorti du sein de sa mère "comme plus tard il entra dans le cénacle, sans en ouvrir les portes."

Le grand St Thomas défendit plus tard cette conception et lui donna autorité.

 

2) Marie exempte de tout péché personnel à partir de l'incarnation

 

            La foi en la virginité de Marie portait en germe la foi en sa perfection absolue. Comment une vierge mère du rédempteur des péchés pouvait-elle faire partie du lot commun des pécheresses même occasionnelles? Marie d'ailleurs était plus que la mère de Jésus. En 431 le concile houleux d'Ephèse en avait fait la mère de Dieu.

            Déjà hissée hors de la loi commune, l'admiration qu'elle suscitait et l'opportunité théologique allait la propulser à la limite de l'humanité. On entreprit bientôt d'exempter Marie de tout péché personnel. Là aussi il fallut se battre avec les textes dont certains laissaient soupçonner quelques mésententes entre la mère et son fils , par exemple dans MAT 12 cité ci-dessus à propos de la prédication de Jésus interrompue par sa mère et ses frères. Marc quant à lui, fait précéder son récit d'un épisode (qui n'est pas rapporté dans les autres évangiles) où Jésus et ses disciples se trouvent submergés par la foule et rapportent l'attitude inquiète de Marie et Joseph: "Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui; car ils disaient: il est hors de sens." (MARC 3:21)

Dans JEAN 2: 3-4 nous lisons:

"Comme le vin manquait (aux noces de Cana), la mère de Jésus lui dit:"ils n'ont pas de vin." Mais jésus lui répondit: "Que me veux-tu, femme? (Qu'y a-t-il entre moi et toi?- selon une autre traduction) Mon heure n'est pas encore venue." Par vanité, Marie aurait manqué d'égard envers son fils en lui en le sollicitant prématurémént et celui-ci aurait eu une réaction d'agacement, voire de désapprobation.

Dans LUC 2: 34-35 le prophète Siméon annonce à Marie, lors de la présentation de son fils au temple:

            "Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l'âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées." Certains Pères (Origène, Basile) voulurent voir ici l'épée du doute.

D'autre part on sait qu très jeune (12 ans) Jésus tint la dragée haute aux docteurs du temps. Marie et joseph étaient montés à Jérusalem pour la fête de Pâque. A l'heure du retour, voilà qu'ils s'aperçoivent soudain que leur fils n'est pas là. Ils se tranquillisent en pensant qu'il se trouve avec "leurs compagnons de voyage". Leurs recherches restant vaines, ils retournent alors à Jérusalem: "C'est au bout de trois jours qu'ils le retrouvèrent dans le temple, assis au milieu des maîtres, à les écouter et les interroger. Tous ceux qui l'entendaient s'extasiait sur l'intelligence de ses réponses.. En le voyant ils furent frappés d'étonnement et sa mère lui dit: "Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous? Vois, ton père et moi, nous te cherchons tout angoissés." Il leur dit: "pourquoi me cherchez vous? Ne saviez-vous pas qu'il me faut être chez mon Père?" Mais eux ne comprirent pas ce qu'il leur disait." (LUC 2: 46-50). Ne doit-on pas reprocher ici à Marie un désaccord avec l'action de son fils au temple? Jésus semble adresser des reproches à ses parents: "Ne saviez vous pas…"

Ces textes sont en fait peu défavorables à Marieet on ne les interpréta pas à sa charge. Nulle vanité ni prétention aux noces de Cana, Marie n'a fait que constater le problème et en a simplement averti son Fils. Ce dernier d'ailleurs, en transformant miraculeusement l'eau en vin, montra que la remarque de sa mère n'avait rien de répréhensible. Cette attitude de Marie est d'ailleurs présentée par le Catéchisme officiel comme une légitime prière à Jésus, prière qu'il exauça. (§2618)

Pour le "Qui est ma mère…" de MAT. 12, plutôt qu'un rabrouement, on dira que ce passage indique une transposition de la parenté biologique en parenté symbolique, valorisant ainsi l'unité spirituelle d'une communauté de croyance. Jean Chrysostome utilise un argument christique: "Par ces paroles le Christ n'a point rougi de sa mère et ne l'a point renié. Aurait-il en effet consenti, à passer dans son sein s'il avait dû en rougir plus tard?"

Quant au glaive de LUC 2, on exclut le glaive du doute pour choisir celui de la souffrance de Marie devant les épreuves de son fils.

L'affaire de Jésus resté au temple avec les docteurs n'a elle aussi rien de grave. Ce n'est pas pécher que d'être angoissé par la sécurité d'un fils, pas plus que de ne pas réaliser pleinement un destin aussi hors du commun!

 

St Augustin , disciple d'Ambroise, a toujours pensé que Marie n'a jamais douté de son fils et son opinion était que " dès lors en effet , qu'elle (Marie) a mérité de concevoir et d'enfanter celui qui est la sainteté même, il y a pour nous une preuve qu'elle a reçu un surcroît de grâce qui l'a mise en état de remporter une victoire absolue sur le péché." (3)

Malgré les opinions divergentes ce fut finalement l'avis d'Augustin qui s'imposa.

Il fut en effet très tôt acquis que la sainteté de Marie datait de l'incarnation tant il paraissait logique que le Verbe s'unisse hypostatiquement à une chaire pure et restée pure. Cette façon de voir persista jusqu'au 13ème siècle: Marie avait été sanctifiée dès la promesse de maternité et ensuite, sous la grâce elle avait résisté librement à tout péché.

 

3) Marie lavée du Péché originel à partir de l'incarnation

 

Dans la marche de Marie vers toujours plus de sainteté, demeurait cependant un problème épineux, celui du péché originel vecteur de cette tendance au mal nommée concupiscence.

On ne manqua pas d'objecter à St Augustin, père du Péché originel, que pourtant Marie fut par sa naissance, comme tout le monde , une "chair de péché". Ce à quoi il répondit que la loi universelle de la naissance avait été, certes subie, mais ensuite abolie par la grâce de la renaissance au moment de l'incarnation.

Marie n'échappait donc pas encore à la condition native de tout être humain, celle d'être marquée par le Péché originel. Elle était cependant déjà l'unique être, à jamais pur dès l'instant de l'incarnation et pur d'avoir été totalement lavée du péché originel, concupiscence y compris, par Jésus, son fils même.

A ce stade le paradigme marial semblait avoir atteint son développement ultime et l'heure semblait venue d'une consécration solennelle dogmatique. Mais c'eût été méconnaître la force de la piété populaire qui s'était cristallisée dans le culte de la Sainte Vierge (apparu dès le 4ème siècle) et qui allait entraîner le Magistère vers les sommets de l'Immaculée Conception puis de l'Assomption corporelle, ce mouvement ascendant n'ayant peut-être pas encore atteint son point culminant car il est permis de postuler la venue, un jour, du dogme suprême de Marie Co-rédemptrice.

 

4) Marie exemptée du péché originel dès sa naissance

           

            Avec le culte de Marie qui ne cessait de s'amplifier doublement, par sa facette populaire et liturgique, une voix s'éleva contre les théologiens du temps (12ème siècle), celle du mystique et fanatique Bernard de Clairvaux qui avait acquis une grande autorité tant près des papes que des rois.

            Avec lui la sainteté de Marie reculera au jour même de sa naissance. Se référant à Jérémie et à Jean Baptiste qui fut "rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère" (Luc 1: 15), Bernard s'exclama:" Sa naissance (celle de Marie) ne serait pas l'objet d'une fête, si elle n'était pas née sainte."

            Joseph Turmel caractérise bien les choses: : "Il a sacrifié la tradition à la liturgie, la théologie des docteurs à la théologie du peuple." (4)

            L'impeccabilité de Marie reculait donc de l'incarnation à la naissance mais Bernard n'alla pas jusqu'à la soustraire, avant l'incarnation, à la concupiscence universellement admise comme conséquence du Péché originel contracté lors de la conception. Marie fut sainte disait Bernard "quand elle vint au monde mais non quand elle fut conçue". En tout cas la sainteté primitive de Marie supposait qu'elle était toujours sortie victorieuse de cette satanique prédisposition au mal. Dans cette optique, la purification au moment de l'incarnation ne devait donc plus consister, comme l'exprima st Thomas, qu'en "l'extirpation de cette fâcheuse concupiscence."

 

5 ) Marie exemptée du péché originel dès sa conception

 

On imagine aisément que dans l'esprit des gens pieux qui glorifiaient toujours davantage Marie, naîtrait le désir de la soustraire aussi de cette souillure originelle, d'autant que de la fête de la nativité on était passé à la fête de la conception (8 décembre).

            Bernard de Clairvaux pourtant soucieux de l'impeccabilité de Marie, comme nous venons de le voir, voulut réagir contre le péril dogmatique qui montait avec cette fête de la conception en rappelant le principe intangible selon lui de l'enseignement du magistère a savoir la conception de tout être humain dans le péché, le péché originel étant en effet considéré comme transmis par l'acte même de la génération. Pour Bernard donc, Marie, bien que n'ayant pas succombé à la concupiscence, ne pouvait avoir été conçu que dans sa prégnance, nul être humain ne pouvant échapper à la loi de Dieu. Une conception immaculée était inconcevable, à moins que le Magistère ne s'écroule. Pour la théologie traditionnelle, respectueuse des dogmes établis, que Marie fût sainte dès sa naissance était à la rigueur concevable mais qu'elle le fût au moment de sa conception ne l'était pas.

            A partir du 12ème siècle, deux courants vont s'affronter, le courant théologique traditionnel, soucieux de la vérité dogmatique du péché originel et le courant de la liturgie pieuse, soucieux quant à lui de faire sauter le dernier verrou s'opposant à la sainteté complète de Marie supposée avoir été conçue sans la contamination du péché originel .

La fête de la conception du 8 décembre ne cessa de s'étendre et de devenir populaire, y compris dans le clergé séculier peu préoccupés par les théologiens gardiens du dogme.

            Du début du 12ème siècle à la proclamation officielle du dogme de l'Immaculée Conception, s'étend une longue période qu'il serait trop long de détailler.

            Si nous en restons à l'essentiel, nous devons d'abord signaler que l'évolution du dogme du péché originel facilita les choses. Au long règne de la conception augustinienne succéda le renouveau thomiste faisant de la transmission du péché originel non plus une affaire physiologique, sous le diktat de la concupiscence, mais plutôt une affaire psychologique débordant la souillure de la chair, pour affecter directement l'âme et consistant en une "absence de justice originelle". Il devenait ainsi plus facile d'imaginer que Marie ait pu échapper au péché originel par une grâce spéciale de Dieu infuseur d'âme. Néanmoins l'opinion orthodoxe, établie depuis des siècles, était que nul humain ne pouvait se dédouaner du vice initial du péché originel quelles que soient les formes qu'on pouvait lui donner

            Les affrontements entre les tenants et les opposants de l'Immaculée Conception furent nombreux et variés et il faut citer en particulier l'intense controverse entre les dominicains fidèles à St Thomas et au dogme classique et les franciscains au contraire, favorables à l'Immaculée Conception, tout cela dans un contexte de dévotion à la Sainte vierge de plus en plus prégnant, et ne s'embarrassant guère de subtilités dogmatiques.

            Une majorité se dessina, on le devine pour l'Immaculée Conception. Joseph Turmel écrit :"En somme, au milieu du 14ème siècle, l'immaculée conception avait pour elle les franciscains, la liturgie, la piété des fidèles, la Sorbonne, le pape. Elle n'avait contre elle que les dominicains. Et comme les dominicains n'avaient d'autre mobile que l'honneur de St Thomas, on peut dire que l'immaculée conception n'avait alors qu'un ennemi: St Thomas." (5)

Terrible ironie de l'histoire quand on sait sur quel piédestal l'Eglise a placé St Thomas!…Dans cette atmosphère d'affrontements le magistère y perdit même son latin, tel pape n'hésitant pas à contredire son prédécesseur. Ainsi au 15ème siècle Sixte IV approuve un office de l'immaculée conception qu'un siècle plus tard Pie V supprime.. Vers le milieu du 17ème, un décret de l'Inquisition condamne la formule "Immaculée conception de Marie" au profit de "Conception de Marie immaculée" ce qui change tout contrairement aux apparences car selon la tradition cette dernière expression se rapporte seulement à l'absolue virginité de Marie. Alexandre VII abolit ce décret de l'Inquisition, précisant nettement que la fête de la conception se rapporte bien à l'exemption du péché originel . Cela n'empêcha pas Clément XI de revenir sur le décret d'Alexandre VII par une bulle de 1708….Manifestement le St Esprit soi-disant inspirateur ne savait pas trop où se poser! Le Magistère empêtré dans des contradictions trop humaines avait en fait bien du mal à abandonner St Thomas le Docteur Angélique…

Du côté profane, à cause de la pression populaire "on vit des ducs, des rois, des empereurs, faire auprès des papes, des démarches nombreuses et pressantes pour les conjurer de définir l'Immaculée Conception; (6)

            Malgré la résistance du magistère, intuitivement conscient de l'énormité de la décision à prendre, le bulldozer de la piété écrasa toutes les réticences. Et c'est finalement sous la pression d'évêques du monde entier que Pie IX éleva, par la Bulle "IneffabilisDeus", au rang de vérité révélée, l'Immaculée Conception de Marie:

            "Pour l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour la gloire et l'ornement de la Vierge Mère de Dieu, pour l'exaltation de la foi catholique et l'accroissement de la religion chrétienne, par l'autorité de notre Seigneur Jésus Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et la Nôtre, Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout- puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu'ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles.

C'est pourquoi, s'il en était, ce qu'à Dieu ne plaise, qui eussent la présomption d'avoir des sentiments contraires à ce que nous venons de définir, qu'ils sachent très clairement qu'ils se condamnent eux-mêmes par leur propre jugement, qu'ils ont fait naufrage dans la foi et se sont séparés de l'unité de l'Eglise, et que, de plus, par le fait même, ils encourent les peines portées par le droit s'ils osent manifester par parole, par écrit ou par quelque signe extérieur, ce qu'ils pensent intérieurement."

Avec Pie IX La virginité devient ainsi totale: virginité charnelle et virginité spirituelle!

A la fin de son étude Joseph Turmel prophétisait: "un jour peut-être l'assomption corporelle de Marie sera l'objet d'une définition dogmatique". Ce jour vint le 1er Novembre1950, date de la publication de la Constitution apostolique "Munificentissimus Deus". Bien que Pie XII veuille asseoir les arguments "sur l'Ecriture comme sur leur dernier fondement", le raisonnement paraît incertain ce qui n'est pas étonnant, car, à notre sens, rien de scripturaire n'autorise l'assomption corporelle. On relève des tournures dubitatives: "il semble donc…" (7) et des affirmations gratuites (8), le texte biblique cité (1 COR 15: 54) traitant de la résurrection en général et non de Marie en particulier.

Le passage solennel est celui-ci:

" Pour la gloire du Dieu tout-puissant qui a répandu sur la Vierge Marie les largesses d'une bienveillance toute particulière, pour l'honneur de son Fils, roi immortel des siècles et vainqueur du péché et de la mort, pour une plus grande gloire de son auguste Mère et pour la joie et l'exultation de toute l'Eglise, par l'autorité de notre Seigneur Jésus Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et par notre propre autorité Nous affirmons, déclarons et définissons comme un dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste.

Par conséquent, si quelqu'un, ce qu'à Dieu ne plaise, osait volontairement mettre en doute ce qui a été défini par Nous, qu'il sache qu'il a totalement abandonné la foi divine et catholique."

Ainsi Marie, après avoir échappé à la loi commune par sa naissance, y échappait désormais par sa mort. Plus que jamais elle était exaltée "au-dessus de tous les anges et tous les hommes". ( Vatican II).

 

6) L'avenir de Marie

 

            Il nous reste maintenant à nous demander si Marie a encore un avenir et si le Magistère, après l'avoir promu hors de l'humanité, en son commencement et en sa fin, va aller jusqu'à un terme à notre sens indépassable et qui couronnerait l'édifice dogmatique: faire de Marie une co-rédemptrice c'est-à-dire l'élever sinon à la hauteur de son fils, du moins la faire reposer sur le même socle. Elle y est d'ailleurs déjà, resplendissante dans l'ordre de la royauté: "reine à la droite de son Fils, le roi immortel." (9)

A lire les textes du magistère dont nous parlons ci-après, cela n'a rien d'impossible, mais les réticences viendront du côté des prélats clairvoyants qui ont pris conscience du dangereux vacillement du dogme du péché originel dont nous parlerons en conclusion.

Nombre de considérations officielles soulignent les "privilèges éminents" de Marie auprès de son Fils rédempteur. Si Jésus-Christ reste "le seul médiateur de Dieu et de hommes", la vierge est "la digne médiatrice très agréée auprès du médiateur". (10). Elle a "coopéré au salut des hommes". (11). Comme son Fils, elle a "vaincu la mort", elle a été élevée au rang de reine. (12)

            Certes il nous est dit que bien que n'ayant pas été souillée par le péché originel, l'acte rédempteur de son fils ne s'en trouve pas pour autant diminué: "On ne peut pas dire non plus que pour autant la Rédemption se trouverait diminuée, comme si elle ne s'étendait plus à toute la descendance d'Adam, et que même quelque chose serait soustrait à l'oeuvre et à la dignité du Rédempteur lui-même.

En effet, si nous considérons la chose en son fond et avec attention, nous voyons facilement que le Christ, le Seigneur, a réellement racheté sa Mère de la façon la plus parfaite en quelque sorte, bien que, en considération des mérites de celui-ci, elle avait été préservée intacte par Dieu de toute souillure héréditaire du péché. C'est pourquoi la dignité infinie de Jésus Christ et son oeuvre de Rédemption universelle ne sont ni amoindries ni atténuées par ce chapitre de la doctrine, mais bien plutôt exaltées au plus haut point." (13)

            Ce raisonnement n'en est en fait pas un! C'est une affirmation gratuite ad hoc donc sans fondement. On ne voit pas en effet "facilement" comment le Christ a pu racheter sa mère indemne de tout péché, péché originel y compris! Pourquoi y aurait-il eu rachat si rien n'était à racheter?

            Marie immaculée n'est plus à l'image de "toute la nature humaine" (14), elle n'est pas représentative de le descendance d'Adam héréditairement souillée par le péché. Marie pourrait-on dire est "tangente" à l'humanité; elle y échappe, et cela n'est pas mince, par sa naissance et par sa mort; elle y "baigne" seulement entre deux! Encore est-ce trop dire car sa condition de mère n'est pas humaine puisque sa maternité fut virginale! Placée en dehors de la condition humaine pécheresse,   mère virginale du rédempteur, Marie acquiert donc un statut d'auxiliaire de la rédemption, de Co-rédemptrice, même si son Fils demeure l'agent suprême de cette rédemption.

            L'encyclique "Ad caeli Reginam" du 11 Octobre 1954 indique que Marie " eut une part exceptionnelle à l' oeuvre de notre salut éternel. " et que " dans l'accomplissement de cette oeuvre de Rédemption, la très bienheureuse Vierge Marie fut en vérité intimement associée au Christ […] elle a donné son concours à notre rédemption…" (15)

Faisant un parallèle avec la première Eve pécheresse, l'encyclique avance que " l' oeuvre de notre Rédemption a été accomplie selon une certaine "récapitulation" en vertu de laquelle le genre humain, de même qu'il a été assujetti à la mort par une vierge, a été sauvé de même par une vierge." (16). Il semble donc dans ce texte que le Sauveur ne soit pas exclusivement le Fils. Dans cette optique il apparaît alors cohérent que Marie ait été, comme nous l'avons dit, élevée à la dignité royale "au plus haut des cieux". De même donc que son fils est Roi, Marie, à sa droite est Reine. Le dernier concile rappelle que Saint Irénée la considérait "cause du salut". Le résumé de ses titres est éloquent, elle est qualifiée "d'advocate, d'auxiliatrice, de secourable, de médiatrice." (17)

Dans la longue pérégrination théologique qui a si étroitement associé la "nouvelle Eve" au "nouvel Adam", on ne décèle pas d'obstacle majeur qui pourrait s'opposer à la glorification suprême de Marie: la proclamer solennellement co-rédemptrice. Le Magistère, par ses subtilités sémantiques a les moyens, s'il le veut, de la proclamer telle, sans restreindre l'action salvatrice du Christ. Le passé est en effet garant de l'avenir, souvenons-nous en effet de l'énorme reniement de St Thomas à propos de l'Immaculée Conception !

Il est cependant raisonnablement permis de douter qu'une nouvelle initiative soit prise dans un avenir proche. Dans la vaste maison catholique les avis sont en effet très partagés. Le Catéchisme l'avoue, en introduction du chapitre 10 du "guide de lecture":

"C'est un fait assez paradoxal. Le culte de la Vierge est un sujet de division, non seulement entre les confessions chrétiennes, mais entre les catholiques eux-mêmes. Les uns pensent qu'à l'égard de Marie, on n'en fait et on n'en dit jamais trop. Les autres ont plutôt tendance à garder une certaine réserve, voire à justifier au nom de la foi la distance qu'ils prennent à l'égard de certaines dévotions mariales qu'ils soupçonnent de nourrir une piété plus sentimentale que réfléchie."

 

Conclusion

 

            Cette histoire de la vierge Marie nous conduit à tenir des propos sévères à l'encontre de l'aventure millénaire de l'entreprise catholique.

            Il est manifeste que ce dogme s'est formé contre les textes scripturaires et contre le dogme du péché originel puisqu' avec l'Immaculée conception de Marie tombe l'unité de l'espèce humaine du fait qu'elle échappe à la règle de la chute. Avec ce dogme Marie a été propulsée non seulement au faîte de l'humanité, mais en plus, en dehors d'elle, sur une marche divine en quelque sorte, à l'image de son fils immaculé, comme il sied au Dieu qu'il est, fait homme.

            Les affrontements innombrables pendant 18 siècles sur le statut de Marie militent pour des querelles strictement humaines, l'Esprit saint supposé n'aurait pu laisser l'Eglise censée le représenter sur terre, dans une telle errance, si longtemps!

            D'ailleurs, dans ce que le Magistère a retenu comme digne de vérité, apparaît une énorme incohérence: c'est le reniement de la conception dominicaine défendue par St Thomas alors que l'Eglise en a fait ce "docteur angélique" auquel on doit toujours se référer, comme y insiste l'une des dernières encycliques de Jean-Paul II, Fides et Ratio où

Le grand docteur est loué d'avoir mis "au premier plan l'harmonie qui existe entre la raison et la foi" (§43) et que de ce fait il a "toujours été proposé à juste titre par l'Eglise, comme un maître de pensée et le modèle d'une façon correcte de faire de la théologie" (§43). Jean-Paul II rappelle le jugement de son auguste prédécesseur, Paul VI:

            "Il figure dans l'histoire de la pensée chrétienne comme un pionnier sur la voie nouvelle de la philosophie et de la culture universelle. Le point central, le noyau, pour ainsi dire, de la solution qu'avec son intuition prophétique et géniale il donna au problème de la confrontation nouvelle entre la raison et la foi, c'est qu'il faut   concilier le caractère séculier du monde et le caractère radical de l'Evangile…" (§ 43)

            " Sa pensée, dit JP II, précisément parce qu elle s'est toujours maintenue dans la perspective de la vérité universelle, objective et transcendante, a atteint «des sommets auxquels l'intelligence humaine n'aurait jamais pu penser». C'est donc avec raison qu'il peut être défini comme «apôtre de la vérité». Précisément parce qu'il cherchait la vérité sans réserve, il sut, dans son réalisme, en reconnaître l'objectivité. Sa philosophie est vraiment celle de l'être et non du simple apparaître." (§ 44)                  

            On comprend, comme nous l'avons vu, que dans cette affaire de l'Immaculée conception, le magistère soit demeuré hésitant pendant 7 siècles, car il avait à renier St Thomas, ce qu'il a fait, donnant ainsi, ce dont bien sûr il se défend, la primauté au "caractère séculier du monde" au détriment " du caractère radical de l'évangile".

            Nous sommes donc bien obligé, répétons le, de penser que ce dogme a été le résultat de confrontations purement humaines, déconnectées de toute inspiration divine et cela est prouvé par le fait qu'aujourd'hui, le dogme se trouve en contradiction avec les données scientifiques; en effet, l'affirmation de l'Immaculée conception est intimement liée à celle du péché originel, or la théorie darwinienne de l'évolution biologique est venue s'inscrire en faux dans cette construction théologique. J'ai traité ailleurs de cette question.(18). Retenons simplement d'abord que Jean-Paul II a accepté l'évolution des êtres vivants jusqu'à l'homme en ce qui concerne l'aspect organique, réservant à Dieu le pouvoir de guider cette évolution et d'insuffler l'âme qui à un moment donné fait des hommes , non plus des animaux, mais des hommes dignes de ce nom. (19). Cette nouvelle conception catholique de l'apparition de l'homme est bien sûr en contradiction avec l'enseignement millénaire de la création d'un couple parfait dans des conditions paradisiaques ayant par désobéissance introduit le péché dans la condition humaine.

            L'acceptation, même partielle, de la théorie de l'évolution fait donc d'une façon évidente s'écrouler le dogme du péché originel et par voie de conséquence, celui de l'Immaculée Conception .

Il est donc aujourd'hui clair, une fois de plus, que l'Eglise fait oeuvre de mystification, se trouvant prise à son propre piège, puisqu'elle a définit elle-même les dogmes comme intangibles c'est-à-dire ne pouvant être remis en question quant au fond. Le dogme de l'Immaculée Conception n'a pas de sens sans celui du péché originel!

            Il est assez savoureux que le livre princeps de Darwin: "L'origine des espèces" ait paru cinq ans après la promulgation du dogme de l'immaculée conception . Pie IX ne prit bien sûr pas Darwin au sérieux, de même que ses successeurs, Léon XIII et Pie X. Il est savoureux aussi de noter que Pie IX, qui fut l'un des papes les plus imbus de son autorité, se fit déclarer infaillible par le concile Vatican I. Après que ce dernier ait insisté sur "l'institution de la primauté apostolique de St Pierre" (Chap. I) , sur sa perpétuité (Chap. II) et sur le pouvoir et la nature de cette primauté (Chap. III), le chapitre IV, titré "Le magistère infaillible du pontife romain", énonce entre autres: "

            "C'est pourquoi. Nous attachant fidèlement à la tradition reçue dès l'origine de la foi chrétienne pour la gloire de Dieu Notre Sauveur, pour l'exaltation de la religion catholique et pour le salut des peuples chrétiens, avec l'approbation du saint concile, Nous enseignons et définissons que c'est un dogme révélé par Dieu que le pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine en matière de foi ou de morale doit être tenue par toute l'Eglise, jouit, en

vertu de l'assistance divine qui lui a été promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que soit pourvue son Eglise lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi ou la morale ; par conséquent, ces définitions du pontife romain sont irréformables et par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Eglise.

Si quelqu'un, ce qu'à Dieu ne plaise, avait la présomption de contredire notre définition : qu'il soit anathème." (Session IV – 18 Juillet 1870)

           

            Je terminerai conscient d'être anathème à dire, au nom de la science, que l'assistance divine n'était pas au rendez-vous, ni lorsque Pie IX a solennellement défini le dogme de l'immaculée conception , ni lorsque le concile Vatican I a proclamé celui de l'infaillibilité pontificale ni lorsque Pie XII a complété l'édifice marial en proclamant l'incorruptibilité du corps de Marie.

 

                                          Bruno ALEXANDRE

 

NOTES

 

(1) le dogme de l'Immaculée Conception est souvent confondu avec la maternité virginale de Marie.

(2) "Si quelqu'un dit qu'il est possible que les dogmes proposés par l'Eglise se voient donner parfois, par suite du progrès de la science, un sens différent de celui que l'Eglise a compris et comprend encore, qu'il soit anathème!" (Concile Vatican I - 1870 - Session III – canon IV – art. 3)

(3)   J. Turmel – Histoire des dogmes – T.2 – Ed. Rieder – 1931 – p. 459

(4)   Ibid. p.474

(5)   Ibid. p. 521

(6) Ibid. p. 524

(7) Denz = Denzinger: 3900   (Symboles et définitions de la foi catholique)

(8) Ibid. 3901

(9)) Ibid. 3902

(10) Ibid. 3220-3221

(11) Catéchisme de l'Eglise Catholique - Cerf – 1998- §511

(12) Denz. 3902 et Catéchisme § 970

(13) Denz. 3909 et Vatican II dans "La bienheureuse Vierge Marie mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l'Eglise.

(14) Ibid. 3374

(15) Ibid. 3914

(16) Ibid. 3915. L'encyclique reprend les termes d'Irénée: "De même qu'Eve, en désobéissant, devint cause de mort pour elle même et pour tout le genre humain, de même Marie[…]devint, en obéissant, cause du salut pour elle-même et pour tout le genre humain."

(17) Cf aussi le Catéchisme § 969

(18) B. Alexandre – Création ou Evolution? La science et le crépuscule des dogmes –    

       Société des Ecrivains – Paris – 2004

(19) Jean-Paul II – Message à l'Académie pontificale des sciences – 1996: "…De nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l'évolution plus qu'une hypothèse. Il est en effet remarquable que cette théorie se soit progressivement imposée à l'esprit des chercheurs, à la suite d'une série de découvertes faites dans diverses disciplines du savoir. La convergence, nullement recherchée ou provoquée, des résultats de travaux menés indépendamment les uns des autres, constitue par elle-même un argument significatif en faveur de cette théorie."

 

 

 

 

 

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