Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale
Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale

 

 

EXTRAITS DE L' "ENCYCLIQUE CACHEE" DE PIE XI

 

 Eglise judaïsme et antisémitisme

 

La persécution actuelle des juifs

 

§ 132: La persécution une fois déclenchée, ce sont des millions de personnes que l'on dépouille, sur le sol même de leur patrie, des droits et privilèges les plus élémentaires du citoyen, on leur refuse la protection de la loi contre la violence et le vol, l'insulte et la honte les guettent, on va jusqu'à attacher la flétrissure du crime à des personnes jusqu'à ce jour scrupuleusement respectueuses de la Loi de leur pays. Ceux-là mêmes qui ont combattu vaillamment pour la patrie sont traités comme des traîtres ; les enfants de ceux qui sont tombés sur le champ de bataille deviennent, par le seul fait de leur parenté, des hors-la-loi. Les valeurs patriotiques, auxquelles on fait appel si bruyamment au profit de telle classe de citoyens, sombrent dans le ridicule dès qu'on les invoque en faveur de malheureux que leur race exclut de la communauté.

Ce flagrant déni de justice élémentaire à l'endroit des Juifs en chasse des milliers au hasard de l'exil sur la face de la terre, sans ressources aucune. Errant de pays en pays, ils sont à eux-mêmes et à l'humanité entière un fardeau.

 

Question non de race mais de religion

 

 § 133:   Et pourtant, cette campagne injuste, impitoyable, contre les juifs sous le manteau chrétien a au moins cet avantage, si l'on peut dire, sur la bataille de race, qu'elle rappelle la vraie nature, la base authentique de la séparation sociale des juifs du reste de l'humanité. Cette base a un caractère directement religieux, la prétendue question juive, dans son essence, n'est une question ni de race, ni de nation, ni de nationalité territoriale, ni de droit de cité dans l'Etat. C'est une question de religion et, depuis la venue du Christ, une question de christianisme. Pour bien comprendre l'erreur fondamentale de cette politique antisémite, sa nocivité et au surplus son inefficacité en vue même des résultats que l'on se propose d'atteindre, il faut se reporter à l'enseignement traditionnel de l'Église sur la question, à son attitude pratique, et aussi aux leçons, de l'histoire.

 

Enseignement de la Révélation

 

§ 135: La vocation du peuple juif au moment le plus sublime de son évolution a pris corps dans un événement inouï et sans précédent aucun, événement qui a bouleversé le cours de l'histoire et l'a profondément transformé. A un moment précis du temps, à un endroit bien marqué de l'espace, dans l'une des tribus d'Israël, est né d'une jeune fille juive, par l'opération du Saint-Esprit, celui que depuis tant de siècles les prophètes d'Israël avaient annoncé et attendu : Jésus-Christ. Sa mission et son enseignement devaient parfaire la mission historique et l'enseignement d'Israël. Sa naissance, sa vie, ses souffrances, sa mort, sa résurrection, furent l'accomplissement des figures et des prophéties qui l'annonçaient. Tout extraordinaire que fût cet événement, il est lié à un autre fait non moins extraordinaire, lui aussi sans précédent historique. Le Sauveur, que Dieu, en réponse à des appels et à des prières millénaires, envoya à son peuple choisi, fut rejeté par ce peuple, répudié violemment et condamné comme un criminel par les plus hauts tribunaux de la nation en collusion avec l'autorité païenne qui tenait le peuple juif sous sa domination. Enfin, il fut mis à mort.

[…]. La Rédemption a ouvert les portes du salut éternel à toute l'humanité; elle a créé un

royaume universel, où n'existe pas de distinction entre le juif et le gentil, entre le grec et le barbare. Le geste même par lequel le peuple juif a mis à mort son Sauveur et son Roi fut, pour employer le langage énergique de saint Paul, le salut du monde.

 

§ 136: D'autre part, aveuglés par des rêves de conquête temporelle et de succès matériel, les juifs perdirent ce qu'eux-mêmes avaient recherché. Quelques âmes d'élite font exception à cette règle générale : les disciples du Sauveur, les premiers chrétiens Israélites et, au travers des âges, une infime minorité du peuple juif. En acceptant l'enseignement du Christ et en se laissant incorporer à son Eglise, ces âmes sont entrées en possession de l'héritage chrétien, mais elles furent dans le passé et demeurent encore aujourd'hui des exceptions. « Ce qu'Israël cherche il ne l'a pas obtenu ; mais ceux que Dieu a choisis l'ont obtenu, tandis que les autres ont été aveuglés. » (Rom. XI, 7.) « Mais par leur chute, dit saint Paul, c'est-à-dire par le rejet même du Messie par les Juifs, cause de leur ruine temporelle et spirituelle, le salut est arrivé aux Gentils.» (Ibid. II.)

De plus, ce peuple infortuné, qui s'est jeté lui-même dans le malheur, dont les chefs aveuglés ont appelé sur leurs propres têtes les malédictions divines, condamné, semble-t-il, à errer éternellement sur la face de la terre, a cependant été préservé, par une mystérieuse Providence, de la ruine totale et s'est conservé à travers les siècles jusqu'à nos jours. Aucune explication naturelle, à ce qu'il semble, ne rend compte d'une façon satisfaisante de cette existence indéfiniment prolongée et de cette indestructible cohérence du peuple juif.

 

Réserves de l'Eglise

 

§ 142: La haute dignité que l'Église a toujours reconnue à la mission historique du peuple juif, ses vœux ardents pour sa conversion, ne l'aveuglent pas cependant sur les dangers spirituels auxquels le contact avec les juifs peut exposer les âmes. Elle n'ignore pas qu'elle doit veiller à la sécurité morale de ses enfants. Et cette obligation n'est certes pas moins urgente aujourd'hui que par le passé. Tant que persiste l'incrédulité du peuple juif et que se maintient son hostilité contre le christianisme, l'Eglise doit, par tous ses efforts, prévenir les périls que cette incrédulité et cette hostilité pourraient créer pour la foi et les mœurs de ses fidèles. Quand, en plus, l'Église découvre que la haine contre la religion chrétienne - qu'elle soit ou non d'origine juive - pousse de malheureux dévoyés à soutenir et à promouvoir des mouvements révolutionnaires qui n'aspirent qu'à renverser l'ordre social et à arracher des âmes la connaissance, le respect et l'amour de Dieu, il est de son devoir de mettre en garde ses enfants contre ces mouvements, de dévoiler les ruses et les mensonges de leurs chefs, d'adopter pour protéger les siens les mesures qu'elle juge nécessaires.

L'histoire nous apprend que l'Église n'a jamais failli à ce devoir de prémunir les fidèles contre les enseignements juifs, quand les doctrines comportées menacent la foi. Elle n'a jamais sous-estimé la vigueur incroyable des reproches que Saint Étienne, premier martyr, lançait à ces juifs obstinés qui sciemment résistaient à l'appel de la grâce : « Hommes à la tête dure... » (Actes, Vil, 51.) Elle a pareillement mis en garde contre des relations trop faciles avec la communauté juive, qui pourraient introduire dans la vie chrétienne des coutumes et des façons de voir incompatibles avec son idéal. L'énergie intransigeante et la calme réserve qui ont tour à tour marqué ces avertissements et ces mesures de défense personnelle correspondent non à des variations dans la doctrine — la doctrine n'a jamais changé —, mais à des circonstances modifiées ou à des attitudes nouvelles chez les Juifs eux-mêmes. D'ailleurs, la politique de l'Église en cette matière ne doit pas être confondue avec l'attitude de simples individus. Cette politique, c'est l'épiscopat catholique pris dans son ensemble, ce sont les conciles, surtout quand ils sont œcuméniques, enfin et, par-dessus tout, ce sont les Souverains Pontifes qui la définissent.

 

§ 143: Cependant, quoique, d'une part, l'enseignement de l'Église sur les relations entre communauté juive et communauté chrétienne et son attitude pratique devant les problèmes soulevés démontrent clairement la nécessité de prendre des mesures énergiques en vue de sauvegarder la foi et les mœurs de ses fidèles et de protéger la société elle-même contre les influences pernicieuses de l'erreur, d'autre part, la doctrine traditionnelle de l'Église prouve, avec non moins de clarté, l'impuissance et l'inefficacité de l'antisémitisme comme moyen de parvenir à ce but. L'antisémitisme s'avère piteusement inférieur à la tâche qu'il s'est proposée et contraire à ses desseins, puisqu'il ne fait que soulever de nombreux et plus redoutables obstacles.

 

Condamnation de l'antisémitisme

 

§ 144: Que les méthodes persécutrices de l'antisémitisme ne puissent aucunement se concilier avec l'esprit authentique de l'Église catholique, un décret de la Sacrée Congrégation des Rites, en date du 25 mars 1928, le prouve définitivement : « L'Église catholique a toujours eu l'habitude de prier pour le peuple juif, porteur de la Révélation divine jusqu'à la venue du Christ, et cela malgré son aveuglement subséquent, ou plutôt à cause même de son aveuglement. Inspiré par cet amour, le Siège Apostolique a toujours protégé le peuple juif contre les injustes attaques dont il était la victime, et de même qu'il réprouve les jalousies et les luttes entre les nations, ainsi et d'une façon toute particulière il condamne cette haine à laquelle on donne aujourd'hui le nom d'antisémitisme. » (Acta Ap. Sedis, XX, 1928.)

 

Réponse de l'Eglise à l'antisémitisme

 

 § 148:   Au défi de l'antisémitisme, la réponse de l'Église est sans équivoque ni tergiversation. Sa réponse n'est dictée par aucun esprit politique profane, mais par sa fidélité au précieux dépôt de Vérité que son divin Fondateur lui a confié et que, grâce à l'assistance personnelle du Saint-Esprit, elle a gardé jusqu'à ce jour dans sa pureté originelle. Vérité qui révèle à l'homme ce qui passe sa raison et qui d'autre part confirme et complète telles autres vérités d'ordre naturel qui ne sont pas inaccessibles à l'intelligence humaine libre et désintéressée. Ce ne sont pas les victoires et les triomphes politiques que recherche l'Église : ce ne sont pas les alliances d'Etats ou les combinaisons de la politique qui la préoccupent. Aussi se désintéresse-t-elle des problèmes d'ordre purement profane où le peuple juif peut se trouver impliqué. Tout en reconnaissant que les situations très diverses des pdans les différents pays du monde peuvent donner l'occasion à de très divers problèmes de l'ordre pratique, elle laisse la solution de ces problèmes aux pouvoirs intéressés, en insistant seulement que nulle solution est vraie solution si elle contredit les lois très exigeantes de la justice et de la charité. Ses préoccupations sont tout d'un autre ordre : conserver intact le dépôt de Vérité qui lui a été confié, prémunir ses enfants contre l'erreur et le mal, veiller à la pleine réalisation des principes de vie de son Sauveur, enfin par sa bienfaisante influence conduire le plus d'âmes possible jusqu'à leur demeure éternelle, le Ciel. Comme on l'a bien dit : « Mille choses font l'objet des convoitises de l'homme, l'Eglise n'en désire qu'une seule : le salut des âmes. » (E. Rodocanachi. Le Saint-Siège et les Juifs.)

 

Sollicitudes religieuses pour les Juifs

  

§ 149: Dans le vaste tableau de ces évolutions historiques, le peuple juif occupe une place unique et douloureuse. Il présente, comme nous l'avons vu, l'étrange paradoxe d'être tout à la fois l'objet d'une sollicitude de Dieu indéniable et d'autre part d'avoir repoussé ces avances divines. Il devenait par là une pierre d'achoppement pour tous les autres peuples, sans cesser d'être lui-même maintenu dans l'existence, par une étonnante sollicitude de la part de Dieu.

L'âpreté avec laquelle la conscience chrétienne reproche périodiquement au peuple juif d'avoir rejeté le Christ et sa doctrine, et de se comporter en adversaire irréductible du christianisme, l'amertume non moins profonde avec laquelle les Juifs font valoir leurs griefs contre la religion chrétienne, montrent assez que cet antagonisme est d'ordre idéologique, que le conflit se déroule moins autour de biens matériels que de valeurs spirituelles. Cela porte avec soi un témoignage dont la valeur est reconnue par les intéressés : les valeurs humaines les plus nobles, il faut les chercher dans le champ de la liberté et de la responsabilité morale devant le bien et le mal, car seul un idéal spirituel peut servir de mesure adéquate aux valeurs humaines. De là, il faut aussi conclure à l'impossibilité d'en arriver à une solution d'un conflit de ce genre en faisant appel à une philosophie de la vie matérialiste, pour ne pas dire physique. La saine raison et la Foi nous invitent à nous détourner des solutions de violence, de force ou de moyens brutaux de coercition, en faveur de mesures dictées par un sain spiritualisme.

 

La conversion des Juifs

 

§ 150: Comment Israël reviendra-t-il à son Dieu ? Quand saura-t-il reconnaître la Maison du Père dans l'Église de Jésus-Christ ? C'est le secret de Dieu. Quant aux conversions individuelles, elles ne doivent pas procéder d'un prosélytisme indiscret ou de motifs d'où l'opportunisme et l'espérance de quelque bien matériel ne seraient pas totalement absents. Elles doivent être l'aboutissement normal de la conviction puisée dans l'étude, contrôlée par la réflexion et formée librement dans un esprit d'humilité et de sacrifice. Un chrétien ne saurait concevoir aucune autre hypothèse en accord avec la doctrine de l'Église. Toute autre méthode serait une prime offerte à l'hypocrisie plus dangereuse encore qu'une résistance ouverte de la part des juifs aux revendications chrétiennes.

 

§ 152: […].L'époque moderne met à notre disposition des facilités inouïes pour promouvoir la cause de la justice et de la charité. Profitons-en pour la défense des droits individuels et familiaux, pour secourir les malheureux qui sollicitent aide et pitié, pour condamner énergiquement l'antisémitisme et le racisme, dès que ces pernicieuses erreurs relèvent la tête, enfin pour collaborer, pour le plus grand bien de la cité, avec tous les hommes de bonne volonté qui rejettent de tout cœur les erreurs grossières du matérialisme.

 

Source: Passeleq G., - Suchecky B., L'encyclique cachée de Pie XI

 

 

 

 

 

 

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