Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale
Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale

CITATIONS SUR LE MAL

 

 

 

Je forme la lumière et crée les ténèbres, j'établis la paix et je suis l'auteur du mal: moi, l'Eternel, je fais tout cela."

(ESAÏE 45: 7 - Bible du rabbinat français – 1966)

 

L'abîme du mal en tant que problème, pour peu qu'on se penche sur lui, frappe de précarité la corde que les hommes se passent pour y descendre et, si possible, en remonter.

(André Breton) – Préface du Concile d'amour)

 

…Quoi nous recevons de Dieu le bien et nous ne recevrions pas aussi le mal!

(Job 2:10)

 

Peut-être le mal dans l'univers n'est-il qu'un reproche que Dieu s'adresse a lui-même.

(S. Vestdijk - le cinquième sceau)

 

Pourquoi le mal serait-il châtié, puis que nous voyons assez, dès maintenant, que le bien n'est pas récompensé.

(A. Camus - L'Homme révolté)

 

On connaît l'alternative : ou nous ne sommes pas libres et responsables et Dieu tout puissant est responsable du mal. Ou nous sommes libres et responsables, mais Dieu n'est pas tout puissant.

(A. Camus – Le Mythe de Sisyphe)

 

d'EPICURE, rapporté par LACTANCE : "Ou bien Dieu veut supprimer les maux, mais il ne le peut pas. Ou bien il peut mais il ne le veut pas. Ou bien il ne le peut ni ne le veut...S'il le veut et ne le peut pas, il est impuissant, ce qui est contraire à sa nature. S'il le peut et ne le veut pas, il est mauvais, ce qui est également contraire à sa nature. S'il ne le veut ni ne le peut, il est à la fois mauvais et faible, c'est à dire qu'il n'est pas Dieu...Mais s'il le veut et le peut, ce qui seul convient à ce qu'il est, d'où vient donc le mal, et pourquoi ne le supprime-t-il pas?"

 

 Quand on aime Dieu à travers le mal comme tel, c'est vraiment Dieu qu'on aime. (!)

(S.Weil - La Pesanteur et la Grâce)

 

Dieu existe justement parce que le mal et la souffrance existent dans le monde, l'existence du mal est une preuve de l'existence de Dieu. Si le monde consistait uniquement dans le bon et le bien, alors Dieu ne serait plus utile, le monde lui-même serait Dieu. Dieu est parce que le mal est.

(N. Berdiaiev - L'Esprit de Dostoïevski)

 

Car il est sans doute qu'il n'y a rien qui choque plus notre raison que de dire que le péché du premier homme ait rendu coupables ceux qui étant si éloignés de cette source semblent incapables d'y participer.

(Pascal - Pensées, Brunschvicg, 434)

 

 Je crois que le mal existe et je juge de ce qu'il est le Mal à la lumière du Christ.

(F. Mauriac – Ce que je crois)

 

Dirons nous que le mal est une privation – ce qui excuse Dieu qui ne crée que de l'être - ? Mais souffrir lors de l'extraction d'une dent est tout autre chose qu'être simplement privé d'une dent: la douleur est un "état psychologique très positif" (Sertillanges). "Elle n'est pas une ombre, une illusion, un mirage,; elle est une réalité" (G Marcel).

 (M. Conche – Orientation philosophique)

 

Le mal n'est rien, rien qu'une absence, la démission de l'homme, la sanction de ses trahisons; il n'est que l'absence du bien. (!)

(D. Rops)

 

Nul n'a dit mieux que Parménide et avec autant de simplicité métaphysique que le mal n'est pas puisque Dieu est.

 (E. Borne – Le Problème du mal)

 

Tout ce qui est dans la nature peut se ranger sous deux classes : des choses ou des actions. Or le bien et le mal ne sont ni des choses, ni des actions. Donc le bien et le mal ne sont pas dans la nature. Si le bien et le mal étaient des choses ou des actions, ils devraient avoir leur définition ; mais le bien et le mal, par exemple la bonté de Pierre et la méchanceté de Judas, n'ont pas de définition en dehors de l'essence de Pierre et de Judas, car celle-là seule existe dans la nature ; ils ne peuvent donc être définis en dehors de leur essence.

 (B Spinoza – Court Traité)

 

Le mal n'est autre chose que la privation du bien, qui n'est proprement que le néant.

(St Augustin)

 

Je cherchais d'où vient le mal et je ne trouvais pas de solution.

(St Augustin – Confessions)

 

 En présence des souffrances si nombreuses et si grandes des enfants, il est impossible de dire que Dieu est juste quand on nie le péché originel .

(St Augustin)

 

Qui m'a créé? N'est-ce pas le Seigneur mon Dieu, qui non seulement est bon, mais la bonté même? D'où vient donc que je me suis rendu coupable en voulant le mal et ne voulant pas le bien, pour me rendre ainsi digne du supplice? Et puisque j'ai été formé tout entier par un Dieu qui est souverainement doux, qui est-ce qui a pu planter dans mon cœur une racine si amère?

(St Augustin)

 

St Augustin va jusqu'à parler de la beauté des péchés. Certes il nous dit que ni les péchés ni les souffrances ne sont nécessaires à la beauté du monde, mais de fait ils soulignent la beauté et l'ordre de l'ensemble. Cet ordre "rend même en quelque sorte nécessaire l'existence du mal." (!)

 

Parlant du "mal des camps de concentration, des chambres à gaz…", Jean Paul II pense que c'est précisément là que " s'est révélée avec clarté la présence victorieuse de la croix du Christ." (!)

 

Toute l'harmonie du monde ne vaut pas les larmes d'un enfant.

(Dostoïevski – Les Frères Karamazov)

 

Le mal contribuait à la perfection de l'univers qui sans lui n'aurait pas été parfait; voilà pourquoi Dieu le tolérait, qui étant lui-même la Perfection devait nécessairement vouloir le parfait – pas au sens de bien absolu, mais au sens de l'universalité et du renforcement d'intensité de l'existence du multiforme.

(Thomas Mann - Le Docteur Faustus)

 

La véritable justification de Dieu devant le spectacle navrant de la création, ajoutions-nous sous la dictée de Schleppfuss (un théologien) consistait dans son pouvoir de faire jaillir du mal le bien.

(Thomas Mann - Le Docteur Faustus)

 

Au vrai, inversement, du bien jaillissait beaucoup de mal, comme l'enseignait perpétuellement l'histoire, en sorte que, pour éviter celui-ci. Dieu aurait dû empêcher aussi celui-là et en somme ne pas susciter le monde…

(Thomas Mann - Le Docteur Faustus)

 

Tout est bien, le mal est dans le monde comme un esclave qui fait monter l'eau.

(P. Claudel)

 

J'éprouve un déchirement qui s'aggrave sans cesse, à la fois dans l'intelligence et au centre du cœur, par l'incapacité où je suis de penser ensemble dans la vérité, le malheur des hommes, la perfection de Dieu et le lien entre les deux.

(S. Weil)

 

Mal et doute! En un mot je puis les mettre en poudre;

Vous les aviez prévus, laissez-moi vous absoudre

De les avoir permis. - C'est l'accusation

Qui pèse de partout sur la Création.

(A. de Vigny – Mont des Oliviers – II))

 

Ma femme a été gazée. J'ai vu des milliers d'enfants, souvent des petits, torturés, massacrés,

assassinés, jetés sur des barbelés électriques. Quand vous voyez un enfant de six ans tué comme un chien, que vous êtes témoin de la mort de 6000 gamins, que voulez-vous penser? Il était où, Dieu, à ce moment là?

( Adolf Burger)

  

Or, je ne peux pas croire à l’hypothèse d’un Dieu méchant, ni d’un Dieu qui souffrirait à côté des exterminés.

 (C.Clément)

 

La question qui consiste à se demander pourquoi le mal existe n'est pas une question théologique [...] Si nous étions capables de donner une réponse à ce "pourquoi" , c'est que nous, nous ne serions pas pécheurs. Nous pourrions rendre responsable quelquechose d'autre. La question du pouquoi ne peut donc trouver de réponse que dans le simple fait du mal qui accable totalement l'être humain.

(D. Bonhoeffer - Création et chute)

  

En devenant possible, l'impossible devint le mal absolu, impunissable autant qu'impardonnable, celui que ne pouvaient plus expliquer les viles motivations de l'intérêt personnel, de la culpabilité, de la convoitise, du ressentiment, de l'appétit de puissance et de la couardise; celui par conséquent que la colère ne pouvait venger, que l'amour ne pouvait endurer, ni l'amitié pardonner.

(Hannah Arendt – le système totalitaire)

 

On se prenait à penser en ce temps-là qu'un tel mal (communisme et nazisme) était en quelque façon nécessaire au monde et à l'homme. Il arrive, en effet, qu'en certaines situations concrètes de l'existence humaine le mal se révèle dans une certaine mesure utile en ce qu'il crée des occasions pour le bien.

(Jean-Paul II - Mémoire et Identité)

 

Mon Dieu, parmi tous les mystères auxquels nous devons croire, il n'en est sans doute pas un seul qui heurte davantage nos vues humaines que celui de la damnation. Et, plus nous devenons hommes, c'est-à-dire conscients des trésors cachés dans le moindre des êtres et de la valeur que représente le plus humble atome pour l'unité finale, plus nous nous sentons perdus à l'idée de l'enfer.

(Teilhard de Chardin – Le Milieu Divin)

 

  "Il faut absorber le mal dans un excès de fidélité"

(Teilhard de Chardin – Lettre à Edouard Leroy)

 

 Pourquoi Dieu est-il si terne, si débile, si médiocrement pittoresque. Pourquoi manque-t-il d'intérêt, de vigueur, d'actualité et nous ressemble-t-il si peu? Existe-t-il une image moins anthropomorphique et plu gratuitement lointaine?

(E. M. Cioran – Précis de décomposition)

 

Comme la maladie n'est pas une absence de santé, mais une réalité aussi positive et aussi durable que la santé, de même le mal vaut le bien, le dépasse même en indestructibilité et plénitude. Un principe bon et un principe mauvais coexistent et se mêlent en Dieu, comme ils coexistent et se mêlent dans le monde.

(E.M. Cioran – Exercices d'admiration.)

 

Dieu ne pouvait se dérober a l'influence du mal, ressort des actes, agent indispensable à quiconque, exaspéré de reposer en soi, aspire a sortir de lui-même, pour se répandre et s'avilir dans le temps.

(E.M. Cioran – Exercices d'admiration.)

 

La plus tragique des figures du mal, est sans doute la plus impénétrable, est Macbeth.

(André Green – pourquoi le mal?)

 

Nous constatons donc que le mal est un excitant intellectuel et affectif, qu'il stimule l'imagination créatrice de ceux qui ont pour tâche de produire et apaise les tensions de ceux qui ont le loisir de consommer.

(André Green – pourquoi le mal?)

 

Père, Ô sagesse profonde

Et noire, Vous savez bien

A quoi sert le mal du monde

Mais le monde n'en sait rien.

 (Marie Noël)

 

Car le mal est la maladie chronique de l'univers.

(H. Melville – Typee)

 

L'Ecriture nous montre un Dieu fortement « secoué » et scandalisé par le mal, et parle de combat. C'est un tout autre univers. Dieu ne propose pas une théorie du mal, il se propose comme 1'Adversaire du mal : c'en est presque sa définition.

  (A. Geshé – Le Mal)

 

Mais en soi l'événement malheur ou iniquité, correspond toujours à la réalisation d'un dessein, qui transforme le mal en condition d'un plus grand bien, comme la trahison de Judas par laquelle passe la rédemption du monde.

(E. Borne – Le Problème du mal)

 

On n'oserait pas parler du "Dieu d'amour et de miséricorde" devant l'enfant torturé?

E n ce cas il faut n'en parler jamais.

(M. Conche – Orientation philosophique)

 

 La souffrance des enfants devrait suffire à confondre les avocats de Dieu. […] C'est que la souffrance des enfants est un mal absolu (un tel mal garde son caractère dans quelque contexte qu'on le considère), une tache indélébile dans l'œuvre de Dieu, et elle suffirait à rendre impossible une théodicée quelconque.

 (Marcel Conche – Orientation philosophique)

 

 Si Dieu est, il est, absurdement, le grand Complice qui, lui, nécessairement (à la différence de l'homme), sait toujours ce qu'il fait. On me dit que ce " faire " se borne, lorsqu'il s'agit des hommes, à les laisser faire, tout en sachant ce qu'ils vont faire. Plaisante excuse. Puisqu'il pouvait faire qu'il n'y ait pas le mal, c'est par lui qu'il y a le mal…"

(Marcel Conche – Orientation philosophique)

 

De quelle force obscure jaillit le mal? Existait-il déjà?, sous une forme potentielle? Avant même la crétion? Nous attendait-il sur la terre? Autrement dit: le mal était-il déjà présent avant que Dieu ne créât ceux qui pouvaient commettre le mal?

(J C Carrière - Croyance)

 

Le mal serait-il une de nos dimensions, une de nos composantes profondes, naturelles? Mais,dans ce cas, pourquoi Dieu nous en a-t-il gratifiés?

(JC Carrière - Croyance)

 

Tout le monde tient le bien pour le bien,

c'est en cela que réside son mal.

(Lao-Tseu - Tao-Tö King)

 

 

 

 

 

 

 

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