Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale
Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale

III

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LE POETE ET LA FONTAINE

 

 

Il est une fontaine

Fille de Thétys et de l'Océan

Elle s'appelait Castalie.

C'est la fontaine des poètes

Mais savez vous ce qu'elle était

Avant de faire jaillir les pensées?

Elle était nymphe de la vallée

Si belle qu'Apollon l'aima

Et voulant tant boire à ses appâts

Il la métamorphosa en source claire.

Depuis quiconque vient s'y désaltérer

Trouve la divine inspiration,

Et coulent les vers comme le bruit de l'eau.

 

Sachant que les Muses s'y pressent

Et que la grande Pythie de Delphes

Venait y tremper ses lèvres

Pour mieux convaincre le voyageur

De ses oracles célèbres,

Je voue à Castalie

Le même culte que les grecs.

Je m'en vais au pied du mont Parnasse

Quand mes idées tarissent.

J'implore Castalie en prières ferventes

Avant de boire une gorgée de son nectar.

Je retrouve alors des mots

Qui par magie s'accolent à d'autres mots

Et se mettent à chanter en vers

Que peut-être j'arriverai à dompter

Si le Destin m'accorde un jour d'être poète.

 

                   Bruno ALEXANDRE

 

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 III

     2

 

LE SOURIRE

 

 

Suis-je un sous-rire?

Un de ses éclats?

Un rire à demi?

Un rire atténué?

Un rire sous-estimé?

Un rire de bas étage?

 

Comme lui je sais être

Triste ou gai

Epanoui ou fermé

Tendre ou méchant

Endormi ou somnolent

Innocent ou malicieux

Compatissant ou dédaigneux

Pleurant de joie

Mouillé de larmes.

……………….

 

Je vous viens des lèvres

Plus que de la bouche,

Et peux naître de l'âme,

Alors souriez du ris!

Je suis comme lui

Le propre de l'homme

Mais tout en nuances

Avec plus de finesse

Plein de grâce,

Je suis une efflorescence subtile

Un habit de dandy

Une rire qui sait attendre

Comme l'ébauche d'un baiser

Une fleur du matin sur le visage

L'élégance du gentleman,

 

La beauté de mon père

L'enfant de sa douceur

Le propre du héros!

 

                           Bruno ALEXANDRE

 

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III

     3

 

NOSTALGIE

 

 

Je contemple Orphée en regret.

Nostalgie que la vie est belle

Quand sonne le temps désuet

Et que le souvenir chancelle.

 

Nostalgie complice du temps

Qui dans le passé se conjugue,

Ton vieux cœur bat à contretemps,

Le présent, ton âme subjugue.

 

Tu fais se dérouler l'instant

Sur la surface de mes brumes

Et tu chantes subtilement

Le délice des amertumes.

 

O reine de l'évanescent

Rendant plus présentes les choses

Dans le parfum passé absent

Des pérégrinations forcloses!

 

Nostalgie, antre des bonheurs

Rendus à la mélancolie

Par le geste des moissonneurs

Traîtres à la paille mûrie.

 

Nostalgie au pouvoir divin

D'accorder deux temps à la vie,

Ne laisse pas couler en vain

Les regrets de l'heure ravie!

 

                           Bruno ALEXANDRE

 

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III

     4

 

LE TEMPS QUI MEURT

 

 

La mer qui roule sur le sable

Comme une marée au vague à l'âme

Berce les amours enfouies dans le sédiment

En attente de devenir pierre.

 

L'aurore qui lapide les étoiles

Soulève le drap noir

Du lit funèbre de la nuit

Gardienne des âmes englouties

En attente de résurrection.

 

Le soleil qui étreint les palmiers

D'un étouffant manteau d'ombre

Perce d'une pluie de quanta

Ta peau aux brunes cellules

En attente de caresses.

 

Et moi à l'autre bout du monde

A la plaie du présent

Incertain entre la plaine des solidages

Et le lac des nénuphars,

Contre la mer démontée

Les aubes glacées

Les soleils mouillés

Les crépuscules comme des tombes,

Je n'ai plus dans le temps qui meurt

Aux échos magnétiques d'antan

Que la lointaine musique des flaveurs

Battant encore dans mon cœur

Comme la lueur énigmatique du néant.

 

                               Bruno ALEXANDRE

 

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III

       5 

 

SI…

 

   

Si tu étais l'aube

Tu vaincrais ma nuit

Si tu étais le vent

Je serais dans le chant des roseaux

Si tu étais la pluie

Ses gouttes seraient des perles fines

Si tu étais le soleil

Je serais d'or à ses rayons

Si tu étais la mer en colère

Mes mots seraient cornes de brumes

Si tu étais rose rouge

J'accrocherais mon cœur à ses épines

Si tu étais papillon

Je serais la fleur aster.

 

Si ton ombre s'épanchait sur ma nuit

Les étoiles baliseraient mon chemin

Si dans tes yeux brillaient des océans

J'y verrais les chaloupes de ma mémoire

Si ton regard était de brume

Le mien serait de larmes

Si je voyais sur ton âme un pli de douleur

Je le lisserais d'un onguent de volupté

Si tu souffrais de la prose morne du monde

Mes vers de poète sécheraient tes plaintes

Si tu t'égarais dans le désert

Je serais ta source vive

Si tu t'abandonnais au sable de l'estran

Je serais vague à tes pieds

Si tu chantais l'appel des sirènes

Je me laisserais dériver sans peine

Si tu nageais dans la mer des blés follets

Je te tresserais une bouée de bleuets

Si en tes rêves tu jouais à la marelle

Je t'offrirais un bouquet d'airelles

Si tu venais boire à la fontaine

J'éclabousserais le creux de tes seins

Si tu gravissais la montagne

Je te contemplerais de mon nuage

Si tu t'aventurais dans les herbes folles

Nous danserions la farandole

 

Si tu vidais l'urne de mes chagrins

Je te remplirais de mes joies

Si ton soleil s'unissait à ma pluie

Fleuriraient des arcs en ciel

Si tu ouvrais tes grimoires pâlis

J'y froisserais mes pages jaunies

Si tu m'arrosais de ton cœur

Je fleurirais pour Toi

Si tu dormais nue sur l'édredon du temps

Je te voilerais de mes désirs

Si tu gagnais les cieux

Je serais aux anges

Si ton corps languissait dans les nuées

Je me perdrais dans tes cheveux défaits

Si tu me tendais la main

Je te donnerais la mienne

Si tu enfermais le temps

Je serais ton éternité.

 

                          Bruno ALEXANDRE

 

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