Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale
Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale

 

 

DIEU

 

 

Il est dans les éthers lointains

Un dieu diffus

Se lamentant d'avoir créé.

Il souffre du spectacle de la terre

Où le mal tue le bien.

Il se voile la face

Devant l'enfant décharné,

Abandonné des anges,

Qui souffre l'indicible de chaque instant

Comme une agonie infinie

Pendant qu'ivre du gaz mortel

Lucifer ricane et triomphe

Et jouit de ces petits cadavres divins.

 

Le prêtre en chef, grave et contrit,

Visage oblong et patibulaire,

Agenouillé sur un coussin douillet

Dans sa Rome ruisselante d'or,

Paralysé à l'heure de crier le scandale,

S'est emmuré dans le silence

De la prière pathétique

Au Père muet des cieux.

 

Le Catéchisme inonde l'univers

Des mystères de la divine Providence:

Mon frère, le monde est en devenir,

"Dieu le conduit vers la perfection ultime.

Tout procède de l'amour.

Tout est ordonné au salut de l'homme.

Rien ne peut arriver que Dieu ne l'ait voulu.

Le pire est encore le meilleur pour nous." (1)

Inclinez vous devant la généreuse Providence

"Qui avec force et douceur dirige l'histoire du monde." (1)

Dans l'infini du firmament le Dieu déçu

Pense avoir trouvé le miracle remède:

Moi le Père bon

Je ferai vivre à mon fil s bien aimé

Tous les malheurs du monde.

Je le laisserai torturer et mourir dans l'abandon

Et ainsi Mon divin sacrifice

Vivifiera l'enfer de la terre

Le mal sera noyé dans le sang

Et je pourai enfin donner aux hommes le paradis.

 

Pour ruser avec satan

J'attends un peu cependant

Car le plus tôt n'est pas nécessairemet le mieux

Depuis l'agonie de Mon tiers filial,

Il y a deux mille ans je crois

(Mais mille ans sont comme un an pour Moi),

J'ai fixé le jour et l'heure

Connus de Moi seul maître du temps.

Comme Je suis bon, doux, et plein de prévenance

J'ai tout de même donné des signes:

"Il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Ce sera l'abomination de la désolation

Car alors la détresse sera si gande

Qu'il n'y en a point eu de pareille

depuis le commencement du monde jusqu'à présent

Et qu'il n'y en aura jamais."...(2)

                          

Oh quand J'y pense vraiment

Je suis navré des épreuves de Mes créatures aimées.

Convenez cependant que Je n'y suis pour rien;

Je les ai faites libres,

Elles sont donc seules responsables.

 

Des êtres de raison Me disent qu'omniscient

Je n'ai pas manqué d'anticiper les péchés de la liberté

Et que donc J'aurais dû M'y prendre autrement...

                

Objection accordée!

 

Dans les éthers transparents

Il est un dieu diaphane et insignifiant

Qui n'est pas bon et puissant à la fois.

 

Ah le Grand Farceur! (3)

 

                 Bruno ALEXANDRE

 

 

 

N.D.A :

(1) Cf Catéchisme de l'Eglise catholique

(2) Cf MAT: 24

(3) L'expression est de W. FAULKNER

 

 

 

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