Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale
Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale

TEXTE 2

 

    

LA THEORIE DARWINIENNE DE L'EVOLUTION

 

(Exposé général succinct de la théorie d'après "L'Origine des espèces".

 

 

On connaît l'importance du voyage de Charles Darwin autour du monde, sur le Beagle, pour la genèse de sa théorie.
L'exploration des îles Galapagos, groupe d'îles situées dans le Pacifique à 1000 Km à l'ouest de l'Etat d'Equateur, a fortement marqué Darwin. Rassemblant les espèces de "pinsons" récoltées sur ces îles il constata que les formes passaient insensiblement du bec le plus épais et le plus court au bec le plus étroit et le plus long. Il écrit: "on est vraiment tenté de penser qu'une espèce originelle a subi diverses modifications…." Exploitant, entres autres, les données de son voyage (1831-1836) il aboutit après de très longues années de réflexion à sa construction théorique dont nous allons voir les axes essentiels.

A l'influence lamarckienne du milieu, il ajoute des variations d'origine purement interne. Une des observations princeps de Darwin est aussi le constat de la grande variabilité des plantes cultivées et des animaux domestiques. "Quand on compare, écrit-il, les individus appartenant à une même variété ou à une même sous-variété de nos plantes cultivées depuis longtemps et de nos animaux domestiques les plus anciens, on remarque tout d'abord qu'ils diffèrent ordinairement plus les uns des autres que les individus appartenant à une espèce ou à une variété quelconque à l'état de nature." Et cela tient à la sélection artificielle pratiquée par les horticulteurs et les éleveurs. Darwin dispose donc de deux concepts explicatifs la variabilité et la sélection, disons plutôt la sélectionnabilité.

Le démographe Malthus va permettre à Darwin de passer de la sélection artificielle à la sélection naturelle.
Préoccupé par le nombre important de pauvres, Malthus explique le fait en considérant que la population croît plus vite que la production alimentaire d'où les famines et maladies qui limitent la prolifération.
De même, le pouvoir reproducteur des êtres vivants est tel qu'il devrait vite y avoir surpopulation, or il n'en est rien dans les conditions naturelles, c'est donc qu'intervient une sélection naturelle due au fait que les êtres se trouvent en concurrence surtout vis à vis des ressources alimentaires. Il y a donc des facteurs limitants qui vont être éliminatoires pour certains individus, épargnant les autres. Et Darwin en arrive ainsi à ses concepts de lutte pour la vie (struggle for life) et de sélection naturelle ou de persistance du plus apte. Darwin écrit précisément: "J'ai donné le nom de sélection naturelle ou de persistance du plus apte à la conservation des différences et des variations individuelles favorables et à l'élimination des variations nuisibles."

Pour résumer brièvement, si pour Lamarck les espèces ont une tendance à la stabilité , le milieu les faisant varier, dans la pensée darwinienne, les êtres vivants ont tendance à varier naturellement et c'est le milieu qui trie; il en résulte, à la longue, une transformation des espèces.

Les concepts darwiniens se sont révélés d'une extraordinaire fécondité. Ils demeurent aujourd'hui opératoires tout en ayant été précisés en fonction des connaissances nouvellement acquises dans le domaine des sciences de la vie.
Darwin excluait toute intentionnalité ou finalité dans cette notion de sélection. Il l'a bien précisé à ses critiques: "On a dit que je parle de sélection naturelle comme d'une puissance active ou divine, mais qui donc critique un auteur lorsqu'il parle de l'attraction terrestre pour expliquer la pesanteur ou de la gravitation comme régissant le mouvement des planètes?" Il faut souligner là une fondamentale différence avec la théorie lamarckienne. Lamarck prend beaucoup de précaution vis à vis de la religion. Tout d'abord l'action des circonstances est subordonnée à "un plan général de la nature" et Lamarck reste d'une grande déférence pour "l'Auteur suprême de tout ce qui existe". Il se fait tout petit devant cette puissance infinie qui "n'a pu vouloir que ce que la nature même nous montre qu'elle a voulu".
Sans se référer à la Genèse et au dogme, il considère que Dieu sera tout aussi crédible dans le cadre de sa conception. Il écrit en effet: "Respectant donc les décrets de cette sagesse infinie, je me renferme dans les bornes d'un simple observateur de la nature. Alors si je parviens à démêler quelque chose dans la marche qu'elle a suivie pour opérer ses productions, je dirai, sans crainte de me tromper, qu'il a plu à son Auteur qu'elle ait cette faculté et cette puissance".
On peut voir ici la lointaine anticipation aussi bien de la position actuelle de l'Eglise catholique que du fameux "Dessein intelligent"!… Avec Lamarck nous sommes donc loin de la position de Darwin qui, comme nous le verrons, relève d'un matérialisme intégral. (cf l'article 6)

Dans son ouvrage princeps de 1859, Darwin ne fait guère allusion à l'homme, par prudence peut-être mais surtout parce qu'il a en projet un volumineux ouvrage centré sur l'homme. Il prédit simplement ceci: "la psychologie sera établie sur une nouvelle base, celle de l'acquisition nécessaire et graduelle de chaque faculté mentale. La lumière sera faite sur l'origine de l'homme et de son histoire."
Malgré les précautions de Darwin, les passions se déchaînèrent et on ne peut manquer de mentionner la célèbre controverse d'Oxford qui eut lieu en 1860 entre l'évêque Samuel Wilberforce et Thomas Henry Huxley, un partisan de Darwin. Au cours de la discussion l'évêque lui demanda s'il préférait être apparenté à un singe par sa Grand mère ou son Grand père. Huxley, stigmatisant l'incompétence scientifique de son interlocuteur, termine en disant qu'il préfère être le petit fils d'un singe plutôt que d'un homme aussi incompétent!…
Ce n'est qu'en 1871 que Darwin détaille la question de l'homme. (cf texte 3)

 

Bruno ALEXANDRE

 

 

 

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