Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale
Science-Religion Bruno ALEXANDRE Dieu - Le Mal - La Morale

 

LE CATHOLICISME,  L’ISLAM  ET  LES  ATHEES

 

LE CATHOLICISME :

 

            Partons d’un propos de feu cardinal Daniélou tenu dans son livre intitulé : "Au commencement":

            "L'homme est créé par Dieu à son image pour dominer le monde d'une part et pour adorer Dieu de l'autre (et) un homme à qui manque une de ses dimensions  n'est pas un homme" et quelques lignes plus loin: "Le message premier est de rappeler qu'un homme sans Dieu n'est plus digne du nom d'homme, qu'une société sans Dieu est une société inhumaine." (1)

            Jean Paul II est très proche du cardinal quand il déclare les conceptions matérialistes "incompatibles avec la vérité de l'homme" et "incapables de fonder la dignité de la personne." (2)

            Dans l'encyclique "Veritatis splendor", comme le Cardinal Daniélou, Jean Paul II déclare: "(L'homme contemporain) sera d'autant plus homme qu'il s'ouvrira davantage au Christ, en mettant sa confiance dans l'Evangile." (§102)

Dans une autre  encyclique, "Foi et raison », le même Jean Paul II refuse d'accorder une vraie liberté à l'athée: "la liberté, écrit-il, ne se réalise pas dans les choix qui sont contre Dieu" (§13) Pour lui l'acte de refus de l'athée ne peut être considéré "comme un usage authentique de la liberté". (§13)

            Le Catéchisme de l'Eglise catholique fait de l'athée un  pécheur: "En tant qu'il rejette ou refuse l'existence de Dieu, l'athéisme est un péché contre la vertu de religion." (§2125) L'athée pécheur est une plaisante trouvaille, la notion de péché n'ayant de signification que pour le croyant!

            L'épée de Damoclès au dessus de la tête de l'athée ne tient qu'à un fil, le péché d'athéisme est en effet un péché mortel enseigne l'encyclique  "Veritatis splendor": " Avec toute la tradition de l'Eglise, nous appelons péché mortel, l'acte par lequel un homme, librement et consciemment, refuse Dieu, sa Loi, l'alliance d'amour que Dieu lui propose, préférant se tourner vers lui-même, vers quelque réalité créée et finie, vers quelque chose de  contraire à la volonté de Dieu. Cela peut se produire d'une manière directe et formelle, comme dans les péchés d'idolâtrie, d'apostasie, d'athéisme….." (§70)

            Y a-t-il plus bête qu'un athée? C'est un "insensé (qui) dit en son cœur: il n'y a point de Dieu." (Ps XIV:1). "Ce n'est pas à l'intelligence que l'insensé prend plaisir." (Prov XVIII:2). Et "les insensés meurent par défaut de raison." (Prov 10:21).

            L'affaire est donc entendue depuis longtemps mais  le Catéchisme, dissertant sur "Grandeur et limite de la raison", insiste dans son guide pédagogique de lecture: "Le refus de Dieu que professe l'athéisme et le refus de se prononcer à son sujet (agnosticisme), même s'ils s'expliquent par divers motifs, n'en traduisent pas moins un réel déficit (en italique dans le texte!) dans l'exercice de l'intelligence." (3).  Jean Paul II confirme avec le plus grand sérieux l'intelligence moindre du penseur athée dans  l'encyclique "Foi et raison" où il déclare que le philosophe chrétien est "toujours guidé par le supplément d'intelligence que lui donne la parole de Dieu." (§ 104). Ce grand pape a en aversion l'athéisme et il a donné comme mission, plus particulièrement aux Jésuites, dont on sait que le quatrième vœu les oblige à une obéissance spéciale au pape, de s'opposer à l'athéisme "aussi longtemps que cet épouvantable danger menace l'humanité".

            Faisons le bilan: on conteste à l'athée d'être intelligent, d'avoir choisi librement, on lui conteste d'être une personne, on lui refuse la qualité d'homme. Si le blasphème existait pour les athées il n'y en aurait pas de plus grand! Ces propos de  foi constituent un racisme indépassable qui devrait immédiatement tomber sous le coup de la loi dans son application la plus sévère. Qui osera porter plainte? Il serait intéressant de faire se prononcer les juges de la Cour d'appel de Paris…

            Mais La gloire de l'athée dont l'âme, s'il en a une, est moins frileuse que celle du croyant, c'est, dans une société laïque, d'accepter sans restrictions l'athéismophobie la plus abjecte qui a été de règle jusqu'à une époque récente, l'athée ayant le statut d'insensé (Ps:14:1), de monstre (Bossuet). En plein XXème siècle Paul Claudel n'hésitait pas à écrire, priant son Dieu: "Ne me perdez pas avec les Voltaire, et les Renan, et les Michelet, et les Hugo, et tous les autres infâmes ! Leur âme est avec les chiens morts, leurs livres sont joints au fumier. Ils sont morts, et leur nom même après leur mort est un poison et une pourriture"  (4)

 

L’ISLAM :

 

            Dans le CORAN les athées sont traités de tous les noms d'oiseaux: incroyants, infidèles, mécréants, dénégateurs, prévaricateurs, ennemis, méchants, fourbes, criminels pervers, menteurs, injustes, hypocrites, blasphémateurs, idolâtres, réprouvés, dignes du feu éternel…Ils ne valent pas grand-chose et Allah ne pourra que les héberger en enfer :

    "O Prophète! fais la guerre aux infidèles et aux hypocrites, sois sévère à leur égard. La géhenne sera leur demeure. Quel affreux séjour." (S LXVI : 9) 

            Parmi les dizaines d’exploits guerriers de Mahomet,* celui de la bataille de Badr revêt une particulière importance ; contre toute attente Mahomet remporte cette bataille, c'est sa première grande victoire. Compte tenu du déséquilibre des forces en défaveur du prophète, elle est évidemment interprétée comme une victoire divine, à ce titre elle a été  à l’origine de la théologie de la guerre sainte, du jihad, dont les acteurs qui perdraient la vie recevraient le titre de chahid, martyr témoin de Dieu,  promis aux éblouissements du paradis.  Si le terme de jihad ne fut institutionnalisé, en tant que guerre sainte,  qu'au VIIIème siècle, il accompagne de fait la naissance de l'Islam. Le Coran  est particulièrement explicite dans la sourate IX dont nous ne citerons que le verset 29:

            "Faites la guerre à ceux qui ne croient point en Dieu ni au jour dernier, qui ne regardent point comme défendu ce que Dieu et son apôtre ont défendu, et à ceux d'entre les hommes  des Ecritures qui ne professent pas la vraie religion. Faites leur la guerre jusqu'à ce qu'ils payent le tribu de leurs propres mains et qu'ils soient soumis."

            Les incroyants sont en effet à jamais voués aux gémonies: "Il n'y a point auprès de Dieu d'animaux  plus vils que ceux qui ne croient pas et qui restent infidèles.' (S VIII: 57)  Il n’est donc pas étonnant qu’il faille les exterminer comme le demandent de nombreux versets :

 " Les infidèles sont vos ennemis déclarés." (S IV: 102) – "Faites la guerre à ceux qui ne croient pas en Dieu…" (S IX: 29) - "Abattez leurs têtes et frappez les extrémités de leurs doigts" (S VIII: 12) – "Ce n'est pas vous qui les tuez, c'est Dieu." (S VIII: 17)  -  " Quand vous rencontrez les infidèles, tuez-les jusqu'à en faire un grand carnage, et serrez les entraves des captifs que vous aurez faits." (S XLVII: 4).

            Le Coran présente les combats de Mahomet comme des combats divins. Il est, si besoin , assisté par des anges tueurs et de toute façon, « la victoire vient de Dieu seul le Puissant, le Sage. Il saurait tailler en pièces les infidèles, les renverser et les culbuter." (S III: 119 à 122) Le meurtre des infidèles ne saurait culpabiliser le musulman car, répétons-le, "ce n'est pas vous qui les tuez, c'est Dieu." (S VIII: 17 – Lire la sourate en entier)

            Mahomet exhortait ses guerriers en leur promettant le paradis. A l'un de ses soldats mourant il déclare: "Sois content, tu n'es séparé du paradis que par le dernier souffle de ton âme; tu entreras dans le paradis éternel. " Ou encore: "Il ne vous faut pour obtenir le paradis, que trouver le martyre."  Et que pouvait-il y avoir de mieux lors de "cette retraite délicieuse auprès de Dieu" (S III:12) que des femmes vierges et l'abondance d'eau: " Dis: que puis-je annoncer de plus avantageux à ceux qui craignent Dieu, que des jardins arrosés par des fleuves où ils demeureront éternellement, des femmes exemptes de toute souillure, et la satisfaction de Dieu." (S III:13) Perdre sa vie ici- bas en combattant les athées, c’est la gagner au ciel !

            Allah réserve un traitement particulièrement cruel  aux incroyants ; citons quelques versets à ce sujet :

  • "redoutez le feu préparé pour les infidèles, le feu dont les hommes et les pierres seront l'aliment." (S II : 22)
  •  "Mais ceux qui ne croiront pas, qui traiteront nos signes de mensonge, seront livrés au feu éternel. » (S II : 37)
  •  "Quant à nous, nous avons préparé pour les impies le feu, qui les entourera de ses parois. Quand ils imploreront du secours, on leur donnera de l'eau ardente comme le métal fondu qui leur brûlera la figure. » (S XVIII : 28)
  •  "Les vêtements des infidèles seront taillés de feu, et l'eau bouillante sera versée sur leur têtes » (S XXII : 20)
  •  "Le feu consumera leurs visages, et ils tordront leurs lèvres." (XXIII, 105)

          Triste bilan! Que ce soit pour le catholicisme ou pour l'islam; l'athée est un sous-homme qui ne mérite donc que l'enfer.

                                                                                       Bruno ALEXANDRE

 

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A partir du moment où Mahomet  s'est senti choisi par Dieu, il a conduit au moins 75 coups de main, razzias ou batailles. Dans le Coran le verbe tuer est employé au moins 170 fois et l'ordre de combattre et tuer, une vingtaine. Une biographie du IX ème siècle écrite par le chroniqueur Tabari comporte un tiers d'écrits consacrés aux exploits guerriers! L'un des derniers actes de Mahomet est un acte guerrier. Quelques jours avant sa mort il donne les dernières consignes pour une expédition vers la Transjordanie sous influence byzantine. Cela augurait bien de la période post-mahométane, période de fulgurante expansion qui comme chacun sait ne se fit pas au nom des paroles douces du Coran!

 

NOTES :

 

  1. J.DANIELOU, Au Commencement, Seuil, 1963, p. 10 et 11
  2.  JEAN PAUL II, Message à l’ Académie pontificale des sciences, 1996
  3.  Catéchisme de l’Eglise catholique, p 768, Centurion/Cerf, 1998
  4.  Cit. du polémiste René Pommier, Un peu de décence Messieurs les croyants !, site personnel

           

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NB : Ce texte m’incite à ajouter deux articles d’actualité destinés à la presse et concernant les événements de janvier 2015 ( Charlie Hebdo – Magasin Casher) et de novembre 2015 (St Denis - Bataclan)

 

 

(I)           QUELQUES REFLEXIONS APRES LES EVENEMENTS

DE JANVIER 2O15

 

            Après ces événements tragiques, il faut espérer que l’on se mettra à parler vrai ; cela a déjà commencé et c’est encourageant.

            Il  est manifeste qu’ont été visées les valeurs de la république et tout particulièrement la LAICITE, (1) déjà trop souvent bafouée depuis 1905 ; nous devons y insister davantage, de même que sur le terrorisme qui voudrait l’abattre.  Les multiples informations entendues n’ont tout d’abord pas bien qualifié ce terrorisme ; il ne s’agit pas d’un terrorisme aseptisé puisqu’en l’occurrence le terrorisme est ici islamiste.

            Les commentaires ne sont jamais allés plus loin, or cela implique un terrorisme à idéologie religieuse et, contrairement à ce qui a été trop souvent dit, on ne peut pas se décharger la conscience en se contentant de clamer que l’islamisme n’a rien à voir avec l’Islam ;  les deux s’inspirent d’un texte sacré, le CORAN. Sur ce point, silence quasi-total ! La position rationnelle est bien exprimée par le philosophe Jacques Derrida: "l'islam n'est pas l'islamisme, ne jamais l'oublier, mais celui-ci s'exerce au nom de celui-là, et c'est la grave question du nom. Ne jamais traiter comme un accident la force du nom dans ce qui arrive, se fait ou se dit au nom de la religion, ici au nom de l'islam." (Foi et Savoir)

            En toute objectivité donc on ne peut donc faire l’impasse sur le contenu du CORAN, or il nous offre le meilleur et le pire : des textes de paix et des textes violents de guerre! (il faudrait que je fasse de nombreuses citations, mais ce serait trop long) ; il y a donc plusieurs lectures possibles du CORAN, au moins deux, la lecture pacifiste et la lecture violente. La plupart des musulmans de France s’inspirent de la lecture pacifiste ; c’est très réconfortant  et leur religion, mérite, à ce titre,  comme celle des autres, d’avoir toute  sa place dans notre république laïque qui, elle, a le devoir de permettre le libre exercice des cultes.

            Cela dit, dans un pays laïque, l’examen critique d’une religion, comme de tout autre système de pensée, n’est, heureusement, pas interdit ! Aussi devons nous logiquement poser une question fondamentale quant aux textes violents du  CORAN : Quelle autorité musulmane pourra œuvrer pour  les neutraliser ????

            Cette question rejoint celles de musulmans éclairés comme par exemple le philosophe Abdennour BIDAR qui dans une récente « lettre ouverte au monde musulman » (Octobre 2O14)  demandait à ce dernier, en le tutoyant, d’où venait le mal islamiste ; il livra ainsi son avis : « Les racines de ce mal qui te vole aujourd’hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre», ajoutant peu après : « Malgré la gravité de ta maladie, il y a en toi une multitude extraordinaire de femmes et d’hommes qui sont prêts à réformer l’Islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l’humanité entretenait jusque là avec ses dieux. » (2)

            Avec Abdennour BIDAR, (3) et bien d’autres, un devoir d’optimisme s’impose; il est vrai que bien des pessimistes font contrepoids comme par exemple F. BENSLAMA: "L'avenir n'est certainement pas entre les mains des théologiens! Le changement de l'islam sera social ou ne sera pas."

 

                                                                       Bruno ALEXANDRE

 

 

(1) La laïcité, en France, est à la fois législative et constitutionnelle. (La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. – Art 1er de la Constitution)

            La devise de la République est : «Liberté, Egalité, Fraternité  ».  (Art. 2 du titre 1er). Je propose une nouvelle devise : « Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité ».

 

(2)   De son côté Abdelwahab Meddeb a dit:"L'islamisme est la maladie de l'Islam, mais les germes sont dans le texte;" et J. Birnbaum écrit: "Ainsi parmi les nouveaux penseurs de l'islam, aucun ne considère que cette religion est réductible à l'islamisme. Mais aucun non plus ne songerait à nier que l'islamisme en est la pathologie violente, et le djihadisme l'avatar meurtrier. Aucun n'aurait donc l'idée de proclamer que les attentats parisiens de 2015 n'ont "rien à voir avec l'islam". (J. Birnbaum, Un silence religieux)

       Michel Onfray dans Penser l'islam  écrit: "Il n'y a pas une différence de nature mais une différence de degré entre l'islam pacifique du croyant intégré dans la République qui conduit sa vie bonne en instaurant en principe la fameuse sourate "pas de contrainte en matière de religion" et l'islam de ceux qui s'appuient sur de nombreuses autres sourates du même Coran et qui s'avèrent antisémites, phallocrates, misogynes, homophobes, bellicistes, guerrières et tuent au nom du livre qui dit aussi qu'il ne faut pas tuer.[...]La contradiction est dans le texte: ceux qui professent un ilslam des Lumières ont raison, il se trouve dans le Coran; mais ceux qui professent un islam belliciste et conquérant ont également raison, car il se trouve ausi dans le Coran. Tout est affaire de prélèvement. Quiconque voudra la paix a priori aura des sourates pour lui doner raison; mais quiconque voudra la guerre a priori disposera aussi d'autres sourates qui lui donneront raison."

(3)  A. Bidar est l'auteur de L'islam sans soumission, Albin Michel, 2012

 

 

Voir en complément: Michel ONFRAY, Vidéo 8  et  Vidéo 9

 

 

(II)    Réflexions sur le discours de Mr François Hollande en hommage  aux victimes           des attentats du 13 novembre 2015

 

 

            L’hommage aux victimes des attentats du  23 novembre fut sobre et solennel. Il aurait été parfait si le Président avait évité deux propos contestables. Dire que les assassins ont agi « au nom d’une cause folle et d’un dieu trahi » et au nom d’un « islam dévoyé qui renie le message de son livre sacré » c’est faire une incursion dans le domaine religieux et exclure ces assassins  de l’islam correct. Ce faisant le président a hélas ouvert un questionnement sur la nature du terrorisme islamiste.

           A ce propos je voudrais faire valoir des arguments qui ne vont pas dans le sens de l’interprétation présidentielle quand on essaie d’expliquer comment  ce terrorisme en est arrivé à une telle barbarie. C’est un problème immense car les causes sont multiformes : religieuses (rapports sunnites – chiites), historiques, politiques, socio-économiques, psychologiques…Je veux ne retenir ici que le  Dieu trahi  et le message sacré renié de Mr Hollande.

            Je reprends ce que j’ai écrit dans l’article ci-dessus,  à savoir que le Coran contient le meilleur et le pire, c’est-à-dire des textes doux et des textes violents, ce qui autorise plusieurs lectures en fonction des choix de chacun.

            Parmi les nombreux écrits violents, je retiens ceux qui suivent :

 

-   « Il n'y a  point auprès de Dieu d'animaux plus vils que ceux qui ne croient pas et qui restent infidèles. » (S VIII:57).

-    « Quand vous rencontrez les infidèles, tuez-les jusqu'à en faire un grand carnage, et serrez les entraves des captifs que vous aurez faits. » (S XLVII: 4).

-    « Ce n'est pas vous qui les tuez, c'est Dieu. » (S VIII: 17) .(1)

« Et préparez contre eux (les mécréants) ce que vous pouvez réunir d’armement et de chevaux en alerte, pour terroriser l’ennemi d’Allah  et le vôtre. »  (S VIII : 40)

 

            Ces textes sont effrayants et contribuent à la compréhension du comportement kamikaze. Gille Kepel, islamologue réputé, indique que ce dernier verset est devenu « la justification de la « guerre » psychologique » tous azimuts du djihadisme contemporain » (2), le « terrorisme légitime » est ainsi scripturairement fondé ! Sur le plan psychologique  les injonctions coraniques de tuer le mécréant et l’exemple parfois donné par Mahomet lui-même de son vivant, lèvent chez ces « fous de Dieu »  la censure  qu’exige leur conscience morale (comme tout le monde, ils en ont une !) qui se trouve ainsi non seulement déculpabilisée et libérée mais désormais sûre d’être dans la ligne du bien, du fait que c’est celle de Dieu (Dieu le veut !). (3)  Le Coran par ses versets violents peut ainsi mener à une inversion des valeurs morales dont on voit les monstrueuses conséquences.

L’attraction de Daesh sur la jeunesse en manque de repères est d’ailleurs d’autant plus prégnante qu’elle revêt une dimension apocalyptique. Les théoriciens de Daesh s’appuyant à la fois sur le Coran et sur les dits (hadiths) du prophète Mahomet, désignent le pays de Sham (Grande Syrie) comme lieu de bataille qui verra le triomphe définitif de l’islam sur la terre. L’émigration pour la Syrie est ainsi « transcendée en hidjra (émigration) vers le Sham » ; elle inscrit par là même « des individus mal à l’aise dans les sociétés européennes d’aujourd’hui au sein d’une démarche héroïque conduisant à leur rédemption individuelle et à celle de la société. » (G Kepel). Cest donc se condamner à une courte vue que de refuser, au nom du politiquement correct, de voir combien l'aspect religieux donne de la puissance à l'idéologie totalisante et violente de Daesh qui est de fait une idéologie théocratique.

 

         Il n’y a peut-être pas barbarie plus grande que la barbarie à visage religieux. Je dis donc à François Hollande  que si les barbares du 13 novembre ont agi « au nom d’une cause folle » ils n’ont par contre pas « trahi » ni « renié » le dieu des versets violents de ce livre sacré qu’est le Coran. Tout au contraire les islamistes pensent profondément y être parfaitement fidèles et en être les représentants authentiques ce qui donne sens à leur engagement.                                           

        Pour terminer je répète encore ce que j’avais écrit après les tueries de janvier, car je ne voudrais pas être catalogué  antimusulman : « La plupart des musulmans de France s’inspirent de la lecture pacifiste ; c’est très réconfortant  et leur religion, mérite, à ce titre,  comme celle des autres, d’avoir toute  sa place dans notre république laïque qui, elle, a le devoir de permettre le libre exercice des cultes. »

                                                                                  Bruno ALEXANDRE

 

 

 

(1)  Traduction Kasimirski.

(2)  Gille KEPEL,  Terreur dans l’Hexagone, Gallimard, 2015

(3)  Rappelons la parole du pape Urbain II qui demanda au concile de Clermont, en 1095, la première croisade : « Que ces paroles : Dieu le veut ! soient désormais votre cri de guerre, et qu’elles annoncent partout la présence du Dieu des armées. »

 

[Une lecture conseillée sur le Djihadisme: Un silence religieux de J. Birnbaum, Seuil, 2016 ]

 

 

 

 

 

 

 

 

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